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Monde : l’IA pourrait permettre aux pays en développement d’accomplir en 10 ans ce qui aurait pris un siècle

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  • La Banque mondiale estime que l’intelligence artificielle peut accélérer considérablement le développement des économies à revenu faible et intermédiaire, à condition qu’elles investissent rapidement dans les infrastructures et les compétences.

  • Le potentiel reste cependant lié à cinq fondamentaux : électricité, internet, données locales, capital humain et qualité des institutions. En Afrique subsaharienne, ces prérequis constituent encore un obstacle majeur.

L’intelligence artificielle pourrait offrir aux pays en développement un raccourci technologique inédit.

Selon la Banque mondiale, elle pourrait leur permettre d’accomplir en une décennie des progrès qui auraient autrement nécessité un siècle, à condition de construire rapidement les infrastructures indispensables à son utilisation.

Cette projection figure dans le Rapport sur le développement dans le monde 2026, intitulé « La promesse de l’intelligence artificielle », publié le 4 août 2026 par le Groupe de la Banque mondiale.

L’institution ne présente toutefois pas l’IA comme une solution automatique au retard de développement.

Son potentiel repose d’abord sur la capacité des économies à disposer d’électricité, d’une connexion internet fiable, de compétences adaptées, de données exploitables et d’institutions suffisamment solides pour encadrer et diffuser ces technologies.

L’intérêt économique apparaît notamment sur le marché du travail. Selon le rapport, 16,2 % des emplois dans les économies en développement pourraient enregistrer d’importants gains de productivité grâce à l’IA, contre 18,7 % dans les économies à revenu élevé.

Le risque d’automatisation y serait, en revanche, moins important. Environ 4,5 % des emplois des pays à revenu faible et intermédiaire sont considérés comme exposés à l’automatisation par l’IA générative, contre 14,2 % dans les pays riches.

Pour ces économies, la Banque mondiale considère donc que l’IA pourrait davantage servir à augmenter les capacités des travailleurs qu’à les remplacer.

Les applications sont déjà nombreuses. Des outils d’intelligence artificielle peuvent assister les médecins dans le diagnostic, fournir aux agriculteurs des informations permettant d’améliorer leurs décisions, soutenir l’enseignement ou encore aider les administrations à renforcer le recouvrement fiscal et la gestion des programmes sociaux.

La Banque mondiale recommande aux pays en développement de progresser en trois étapes : adopter les technologies existantes, les adapter aux réalités nationales puis développer progressivement leurs propres capacités avancées.

L’objectif n’est donc pas nécessairement de construire immédiatement de gigantesques centres de données ou de concurrencer les grands modèles internationaux.

L’Afrique reste néanmoins confrontée à une contrainte fondamentale. Près d’un tiers des écoles rurales d’Afrique subsaharienne ne disposent pas d’une alimentation électrique stable, tandis que plus des deux tiers restent privées d’une connexion internet fiable, selon les données reprises dans le rapport.

C’est aussi pourquoi l’accès à l’énergie devient une composante de la politique numérique. Avec l’initiative Mission 300, la Banque mondiale et ses partenaires ambitionnent de raccorder 300 millions de personnes supplémentaires à l’électricité en Afrique subsaharienne d’ici 2030.

Le message du Rapport sur le développement dans le monde 2026 est ainsi moins celui d’une course aux technologies les plus sophistiquées que celui d’une course aux fondamentaux.

Pour les économies en développement, les gains promis par l’IA commenceront d’abord par une prise électrique, une connexion internet, des compétences et des institutions capables de transformer l’innovation technologique en productivité.

DecryptEco

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