Accueil Finance Bénin : Moody’s relève la note souveraine à « Ba3 » et salue la trajectoire budgétaire
Finance

Bénin : Moody’s relève la note souveraine à « Ba3 » et salue la trajectoire budgétaire

Partager
Partager
  • Moody’s relève d’un cran la note souveraine du Bénin, de « B1 » à « Ba3 », tout en ramenant la perspective de positive à stable.

  • Cette amélioration récompense la croissance économique, la réduction du déficit et la gestion de la dette, mais le niveau des recettes publiques reste un point de fragilité.

Le Bénin améliore sa position sur l’échelle de risque souverain. Moody’s a relevé sa note de crédit de « B1 » à « Ba3 », rapporte l’Agence Ecofin.

La perspective devient stable, après avoir été positive. Avant cette décision, le pays était effectivement classé « B1 » avec perspective positive.

Pour un investisseur, ce changement signifie que Moody’s considère désormais la capacité de Cotonou à honorer sa dette comme meilleure qu’auparavant.

La note « Ba3 » reste toutefois dans la catégorie spéculative : chez Moody’s, les notes « Ba » correspondent à des obligations exposées à un risque de crédit substantiel.

Cette amélioration intervient moins de trois mois après l’investiture de Romuald Wadagni, le 24 mai 2026. Ancien ministre de l’Économie et des Finances pendant dix ans, le nouveau président a largement participé à la stratégie budgétaire et financière aujourd’hui évaluée favorablement par les agences de notation.

La croissance constitue l’un des principaux soutiens du dossier béninois.

Le produit intérieur brut a progressé de 8,1 % en 2025, selon la Banque mondiale, un rythme également confirmé par les autorités béninoises. Le Gouvernement prévoit 7,5 % en 2026.

Les finances publiques se sont aussi redressées. Le FMI estimait le déficit budgétaire à environ 2,9 % du PIB en 2025, contre 3,1 % en 2024, permettant au pays de revenir autour de la norme communautaire de 3 % fixée dans l’UEMOA.

L’institution classe toujours le Bénin parmi les pays présentant un risque modéré de surendettement.

La lecture de la dette a par ailleurs changé avec le rebasage des comptes nationaux. L’INStaD a remplacé 2015 par 2023 comme année de référence.

La nouvelle méthode a relevé de 25,2 % la valeur du PIB de 2023, désormais estimée à 14 020,2 milliards FCFA. Cette révision statistique réduit mécaniquement le poids de la dette rapportée à la taille de l’économie.

Le Bénin reste néanmoins confronté à une mobilisation encore limitée des recettes publiques, à une économie extérieure concentrée et aux risques sécuritaires provenant du Sahel.

Le passage à « Ba3 » améliore donc la signature financière du pays, mais la prochaine étape sera plus exigeante : consolider les recettes, contenir la dette et préserver une croissance élevée sans affaiblir l’investissement public.

DecryptEco

Partager

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *