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Les discussions du 30 septembre portent sur une capacité initiale de 130 à 135 mégawatts pour renforcer l’offre électrique.
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Le coût d’achat du courant et son acheminement vers les abonnés détermineront le bénéfice réel de cette solution.
La Société nationale d’électricité (SNEL) envisage de renforcer sa production avec une centrale flottante de Karpowership, d’une capacité comprise entre 130 et 135 mégawatts. Son directeur général, Teddy Lwamba, a reçu une délégation du groupe turc, mercredi 30 septembre 2026 à Kinshasa.
L’objectif est d’apporter une réponse rapide aux besoins du réseau. Cette puissance reste toutefois une capacité envisagée, pas une production disponible.
Le principe consiste à installer une centrale sur un navire ou une barge, puis à la raccorder au réseau électrique. Karpowership met en avant des équipements déjà construits, mobilisables rapidement.
Cette formule réduit les délais de construction sur place, mais exige un site adapté, un raccordement opérationnel et un approvisionnement régulier en combustible.
Le dossier congolais a cependant une histoire. En juin 2022, l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité présentait déjà un projet de Karpowership au Kongo Central, avec une puissance initiale annoncée de 110 MW.
Son représentant évoquait alors une arrivée des bateaux sous trente à soixante jours. Ce précédent rappelle que la rapidité technique du déploiement ne garantit pas celle de l’exécution du projet.
La question centrale est donc celle du prix de cette urgence. Combien la SNEL paiera-t-elle chaque kilowattheure, pendant combien d’années et avec quelles garanties de paiement ? Les informations disponibles sur la rencontre ne permettent pas de répondre. Elles divergent également sur la conclusion d’un accord et le calendrier de déploiement.
L’ordre de grandeur mérite attention. À pleine puissance, sans interruption pendant un an, 135 MW représenteraient environ 1,18 milliard de kilowattheures, avant consommation propre et pertes du réseau.
Dans cette hypothèse théorique, chaque centime de dollar supplémentaire par kilowattheure représenterait près de 11,8 millions USD de dépenses annuelles. Ce calcul illustre la sensibilité du coût au tarif négocié ; il ne constitue pas une prévision de production.
Cette charge arriverait dans une entreprise déjà fragile. Un document de la Banque mondiale publié en 2025 relève les difficultés financières de la SNEL, notamment les pertes techniques et commerciales ainsi que les factures publiques impayées.
Acheter davantage d’électricité sans améliorer son acheminement, sa facturation et son recouvrement pourrait donc accroître les besoins de trésorerie.
Si les recettes ne couvrent pas les achats, l’écart devra être absorbé par la SNEL, compensé par des ressources publiques ou répercuté dans les tarifs.
Le contrat devra aussi préciser qui supporte les variations du prix du combustible et les éventuels paiements dus lorsque l’électricité ne peut pas être évacuée.
Une fourniture supplémentaire fiable pourrait réduire les dépenses de carburant des commerces et les interruptions d’activité. Mais les mégawatts annoncés ne suffisent pas à mesurer ce gain. Pour les abonnés, le bénéfice concret sera une baisse des heures de coupure, à un coût que le système électrique peut durablement financer.
DecryptEco | RDC & Afrique
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