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An I de Suminwa II : Arlette Bahati vise 200 à 300 millions USD par an pour l’économie du climat

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  • La ministre déléguée présente deux sources de financement attendues : le TFFF et une future taxe carbone nationale.

  • Les 180 000 emplois annoncés dans la valorisation des déchets restent un objectif, composé à 83,3 % d’emplois indirects.

Arlette Bahati Tito veut convertir la protection de l’environnement en recettes et en emplois. Dans son bilan de première année, relayé le 30 septembre 2026, la ministre déléguée chargée de la Nouvelle Économie du Climat avance deux estimations : 100 millions USD annuels provenant du Tropical Forests Forever Facility (TFFF) et 100 à 200 millions d’une taxe carbone nationale.

Leur addition représente un potentiel de 200 à 300 millions USD par an, sans constituer des recettes acquises.

Ces mécanismes répondent à des logiques différentes. Le TFFF rémunère la conservation des forêts grâce aux revenus de placements financiers internationaux. Une taxe carbone prélève des ressources auprès des activités visées pour faire payer leurs émissions.

Son rendement exige de préciser les contribuables concernés, le taux appliqué et les capacités de recouvrement. La fourchette annoncée demeure donc une estimation dont les hypothèses doivent être rendues publiques.

Le financement forestier dispose néanmoins d’un précédent concret. Le 6 juin 2025, la Banque mondiale annonçait un paiement de 19,47 millions USD à la RDC pour 3,89 millions de tonnes d’émissions réduites au Mai-Ndombe.

Cette opération relevait du Fonds de partenariat pour le carbone forestier, distinct du TFFF. Elle montre que les recettes viennent de résultats mesurés et vérifiés, avec un partage prévu des bénéfices.

Une nouvelle étape internationale a suivi avec le lancement du TFFF, le 6 novembre 2025 à Belém. Le dispositif prévoit d’affecter au moins 20 % des paiements aux peuples autochtones et aux communautés locales.

Appliquée aux 100 millions USD espérés, cette règle représenterait au minimum 20 millions USD destinés à ces bénéficiaires, si cette enveloppe était effectivement versée. La totalité ne serait donc pas librement disponible pour les dépenses générales de l’État.

Mais la mobilisation internationale reste inachevée. Le 8 septembre 2026, Reuters rapportait 7,3 milliards USD réunis à mi-2026, pour une ambition globale de 125 milliards. L’existence du mécanisme ne garantit donc pas encore le calendrier des ressources attendues à Kinshasa.

Dans les déchets, la ministre prévoit des centres de tri et de transfert, avec 30 000 emplois directs et 150 000 indirects. Cela correspond à cinq emplois indirects pour un emploi direct.

Ce ratio exprime une hypothèse d’entraînement économique : transporteurs, fournisseurs et recycleurs doivent trouver une activité durable autour des installations. Il ne mesure pas des recrutements déjà réalisés.

La viabilité de cette filière exige des volumes réguliers, des équipements financés et des acheteurs pour les matières récupérées. Un centre de tri peut améliorer l’assainissement sans couvrir ses coûts par la seule vente des déchets.

Pour transformer les emplois annoncés en salaires durables, les contrats de collecte, les débouchés industriels et le financement du fonctionnement comptent autant que la construction des centres.

DecryptEco | RDC & Afrique

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