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Le gouverneur de la Banque centrale du Congo, André Wameso Nkualoloki, estime que la performance du premier Eurobond de la RDC devra être jugée sur les résultats des infrastructures financées et leur contribution à l’économie.
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Le FMI considère que l’emprunt peut soutenir des projets d’infrastructures à fort rendement économique, mais demande à la RDC de renforcer la transparence, le contrôle des dépenses et la gestion de la dette. Le coût des fonds qui restent temporairement inutilisés peut, lui, déjà être mesuré.
La République démocratique du Congo a levé 1,25 milliard de dollars sur les marchés internationaux en avril 2026. Quatre mois plus tard, une question s’impose : comment mesurer la réussite de cette première émission obligataire internationale ?
Pour André Wameso Nkualoloki, gouverneur de la Banque centrale du Congo, il est encore trop tôt pour tirer une conclusion. Lors d’un échange organisé jeudi 13 août sur X par le journaliste Stanis Bujakera, il a expliqué que la performance de l’Eurobond devra surtout être appréciée à partir des infrastructures construites et des effets qu’elles produiront sur l’économie.
« Le temps d’évaluation de la performance de ces Eurobonds par rapport au coût de l’endettement, ce n’est pas maintenant qu’il faut le faire », a-t-il déclaré.
La RDC a emprunté 600 millions de dollars à 8,75 %, avec une échéance en 2032, et 650 millions à 9,50 %, remboursables en 2037.
Pour le gouverneur, emprunter à ces taux peut se justifier si les fonds servent à financer des infrastructures qui augmentent la production, réduisent les coûts pour les entreprises et améliorent les recettes de l’État. Cette position rejoint en partie celle du Fonds monétaire international (FMI).
Dans son évaluation publiée en juin, l’institution de bretton Woods indique que les ressources de l’Eurobond doivent servir en priorité à des projets d’infrastructures présentant un rendement économique élevé. Le FMI considère également que les perspectives de la dette publique congolaise restent stables.
Il formule cependant plusieurs recommandations. Il demande notamment une meilleure transparence dans l’utilisation des ressources de l’Eurobond, un contrôle plus strict des dépenses publiques et un renforcement de la gestion de la dette.
Ces recommandations prennent une importance particulière alors que les décaissements restent encore limités par rapport au montant emprunté.
Au 7 août, environ 137,9 millions de dollars avaient été décaissés. Sur ce montant, 48,04 millions étaient destinés à la centrale hydroélectrique de Grand Katende et à ses infrastructures de transport et de distribution. Quelque 89,86 millions avaient été affectés aux aéroports de N’Djili et de Luano.
Le député Flory Mapamboli a soulevé une autre question. Il s’intéresse au coût des sommes empruntées qui restent temporairement disponibles avant leur utilisation.
Selon son estimation, près de 600 millions de dollars pourraient encore rester à décaisser après 2026. Leur coût financier brut pourrait atteindre environ 41 millions de dollars sur neuf mois. Si ces fonds sont placés à un rendement de 3,5 %, le coût net serait ramené autour de 25 millions.
Ces montants restent des estimations. Leur précision dépend du niveau réel des liquidités disponibles chaque jour, du rythme des décaissements et du taux auquel les fonds sont placés.
La question reste toutefois importante.
Le rendement d’une centrale électrique ne peut pas être mesuré quelques mois après le décaissement. Il faudra regarder sa production, le nombre de consommateurs desservis, son effet sur l’activité économique et les recettes supplémentaires qu’elle permettra éventuellement de générer.
La situation est similaire pour les routes et les aéroports. Leur intérêt économique dépendra notamment de la baisse des coûts de transport, de l’augmentation du trafic, des investissements attirés et de l’activité supplémentaire créée dans les zones concernées. En revanche, certains résultats peuvent déjà être suivis.
Le gouvernement peut publier le montant des fonds encore disponibles, les intérêts payés sur l’Eurobond, les revenus obtenus sur les sommes placées, les décaissements effectués pour chaque projet et l’état d’avancement des travaux.
Ces informations permettraient de déterminer le coût réel de la période qui sépare la levée des fonds de leur utilisation.
Il existe aussi une autre raison de lever les ressources avant leur décaissement complet. Les conditions des marchés internationaux peuvent changer rapidement.
La RDC n’avait aucune garantie de pouvoir revenir quelques mois plus tard et emprunter aux mêmes taux. Une hausse des taux internationaux ou une détérioration de la perception du risque congolais aurait pu rendre une nouvelle émission plus chère.
Le coût lié à la détention temporaire des fonds doit donc aussi être comparé au risque de devoir emprunter plus tard dans de moins bonnes conditions.
Pour Wameso, un autre indicateur reste essentiel : la capacité du budget à payer les intérêts et à rembourser la dette.
Sur ce point, le FMI estime actuellement que les perspectives de la dette publique restent stables. Il projette un service de la dette extérieure représentant environ 5,7 % des recettes publiques en 2026 et 7,2 % en 2027.
Cette capacité de remboursement ne permet toutefois pas, à elle seule, de conclure que l’Eurobond sera une réussite.
La question centrale sera de savoir ce que les 1,25 milliard de dollars auront permis de construire et quels résultats économiques ces investissements auront produits.
D’ici là, le suivi peut commencer avec des données simples : combien a été décaissé, combien reste disponible, combien coûtent les intérêts, combien rapportent les fonds placés et où en sont réellement les travaux.
C’est avec ces chiffres que la RDC pourra progressivement mesurer la performance de son premier Eurobond.
DecryptEco
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