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Sommet Angola Hub 2026 : Jean-Pierre Bemba veut associer Lobito à une industrie congolaise du rail

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  • À Luanda, le ministre congolais des Transports a appelé, le 28 septembre, les investisseurs à transformer le fer congolais en acier, puis en rails.

  • Le corridor de Lobito offre des perspectives de réduction des coûts logistiques et de nouveaux revenus pour la RDC et l’Angola.

Jean-Pierre Bemba veut relier le développement des corridors ferroviaires à la transformation des minerais congolais. Au sommet Angola Hub Transport & Logistique 2026, organisé du 28 au 30 septembre à Luanda, le vice-Premier ministre a proposé de réunir des investisseurs pour produire de l’acier et des rails en RDC. Cette ambition industrielle accompagne les discussions sur le corridor de Lobito.

Cet axe ouvre aux bassins miniers congolais une sortie vers l’Atlantique, par le port angolais de Lobito. Son intérêt économique tient à une équation simple : transporter davantage, à moindre coût, tout en diversifiant les itinéraires d’exportation.

Les chiffres permettent d’en mesurer l’échelle. L’agence américaine de financement du développement (DFC), vise une capacité annuelle de 4,6 millions de tonnes, contre 400 000 tonnes fin 2024.

Cela représente une multiplication par 11,5, soit 4,2 millions de tonnes de capacité supplémentaire. Il s’agit d’un objectif d’infrastructure, pas du volume effectivement transporté. La DFC prévoit également une baisse pouvant atteindre 30 % du coût de transport des minerais critiques.

Le financement progresse. Le 3 juillet 2026, Africa Finance Corporation (AFC) a annoncé le bouclage d’un montage de 753 millions USD, dont 553 millions apportés par la DFC et 200 millions par la Banque de développement d’Afrique australe.

Il concerne les quelque 1 300 kilomètres de voie angolaise reliant Lobito à la frontière congolaise. Cette enveloppe ne couvre donc pas l’ensemble des besoins du corridor régional.

La visite de Joe Biden à Lobito, le 4 décembre 2024, avait consacré la portée stratégique du projet : faciliter l’accès occidental au cuivre et au cobalt africains et diversifier les approvisionnements face à la prépondérance chinoise. Les intérêts américains rejoignent ici la recherche africaine de nouveaux débouchés, sans se confondre entièrement avec elle.

L’analyse économique fait apparaître deux possibilités complémentaires. En RDC, des transports moins coûteux pourraient améliorer les marges des producteurs et faciliter l’acheminement des équipements.

En Angola, davantage de marchandises peut alimenter les recettes ferroviaires, la manutention, les entrepôts et la maintenance.

La proposition de Jean-Pierre Bemba vise à retenir aussi une part de la fabrication industrielle. Mais, estiment les experts, produire des rails exige une électricité fiable, des installations sidérurgiques et des commandes durables. C’est à ces conditions que les dépenses consacrées aux corridors pourront également rémunérer des usines et des travailleurs congolais.

DecryptEco | RDC & Afrique

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