L’ingénieur Francis kaboya Lipordo dénonce les conditions dans lesquelles certaines habitations sont démolies sur l’avenue Ndjoko, dans le quartier Mikondo, à Kinshasa. Ces opérations sont menées dans le cadre de la libération des emprises destinées à la construction des Rocades Sud-Est et Sud-Ouest.
Selon lui, le tracé appliqué sur le terrain aurait été modifié pour épargner certaines propriétés, pendant que d’autres parcelles seraient touchées. Il évoque des « démolitions sélectives, truquées et non conformes aux plans d’urbanisme initiaux ».
Ces accusations n’ont pas encore fait l’objet d’une confirmation indépendante de l’Agence congolaise des grands travaux, « ACGT », ou de la commission interministérielle chargée des expropriations.
Des familles réclament des explications
Francis Lipordo Kaboyi affirme également que certaines maisons auraient été détruites sans indemnisation préalable et sans communication suffisante sur les limites exactes de l’emprise routière.
« Des familles entières de Mikondo sont jetées à la rue sans les compensations financières pourtant prévues », soutient-il, appelant les autorités à vérifier les opérations conduites sur l’axe Ndjoko.
Le projet des Rocades a été lancé le 22 juin 2024. Le tracé présenté par la Présidence de la République traverse notamment Ndjoko, Buma, Cecomaf, Ndjili Brasserie, Mitendi et Mbudi. Son objectif est de créer une voie de contournement destinée à réduire les embouteillages dans la capitale.
En mars 2026, la commission interministérielle avait sensibilisé les habitants de l’avenue Ndjoko. Elle avait annoncé que les démolitions devaient commencer par les propriétés dont les occupants avaient déjà été indemnisés, tout en promettant la poursuite du paiement des autres personnes affectées.
Une mission de contrôle réclamée
La question des expropriations reste l’une des principales difficultés du chantier. L’« ACGT » estime que près de 3 000 propriétés sont concernées sur l’ensemble du projet.
La loi congolaise prévoit notamment l’identification des biens concernés, l’information des propriétaires, une expertise immobilière et une proposition d’indemnisation.
Francis Lipordo Kaboyi demande ainsi l’envoi d’une équipe indépendante pour comparer le tracé exécuté aux plans approuvés, identifier les personnes indemnisées et examiner les plaintes des ménages affectés.
« La modernisation de Kinshasa ne doit pas se faire sur le dos de l’injustice sociale », insiste-t-il. Une réaction officielle de l’« ACGT » permettrait de préciser les critères appliqués aux démolitions sur l’avenue Ndjoko.
Flory MUSISWA
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