- Le ministre de la Santé, Roger Kamba, a annoncé que la RDC compte désormais 543 cas probables d’Ebola recensés dans les communautés, dont 136 décès liés à la maladie et 69 patients actuellement pris en charge dans les centres de traitement.
- Cette 17ᵉ épidémie d’Ebola remet en lumière les difficultés récurrentes de surveillance sanitaire, de détection précoce et de couverture médicale dans plusieurs zones de l’est du pays.
La République démocratique du Congo continue de faire face à une progression préoccupante de la 17ᵉ épidémie d’Ebola déclarée dans la province de l’Ituri. Lors du briefing de presse spécial organisé, le mardi 19 mai 2026 à Kinshasa, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Kamba, a présenté une nouvelle situation épidémiologique marquée par une hausse du nombre de cas recensés dans les communautés.
« À ce jour, nous comptons 136 décès probables liés à cette maladie. Nous avons actuellement 69 malades pris en charge dans les centres de traitement. Depuis le début de l’épidémie, environ 543 cas probables ont été identifiés dans les communautés », a déclaré le ministre.
Selon les autorités sanitaires, plusieurs zones de santé de l’Ituri sont désormais concernées, notamment Bunia, Mungwalu, Rwampara et Nyakunde, tandis que des cas restent sous surveillance au Nord-Kivu et à Goma. Les analyses réalisées par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) ont déjà permis de confirmer plusieurs cas liés à la souche Bundibugyo, une variante rare du virus Ebola pour laquelle aucun vaccin homologué n’existe actuellement.
Au-delà des chiffres, cette nouvelle flambée sanitaire relance surtout le débat sur la capacité structurelle de la RDC à faire face durablement aux épidémies récurrentes d’Ebola. Depuis 1976, le pays a déjà connu dix-sept épidémies, faisant de la RDC l’un des principaux foyers mondiaux de cette maladie virale.
Plusieurs facteurs expliquent cette récurrence. Les experts sanitaires évoquent notamment la faiblesse de la surveillance épidémiologique dans certaines zones rurales et minières, les difficultés d’accès aux soins, la mobilité des populations ainsi que les défis sécuritaires dans l’est du pays. Les régions touchées sont souvent caractérisées par des conflits armés, des déplacements de populations et une présence limitée des infrastructures sanitaires.
À cela s’ajoutent les difficultés liées à la détection précoce des cas. Les premiers symptômes d’Ebola ressemblent souvent à ceux du paludisme ou de la fièvre typhoïde, retardant ainsi la prise en charge médicale. Les retards dans l’identification des premiers foyers favorisent généralement une propagation communautaire plus importante.
La situation actuelle est également compliquée par la nature même de la souche Bundibugyo. Contrairement à la souche Zaïre, contre laquelle des vaccins et traitements existent déjà, cette variante ne dispose pas encore de solution thérapeutique validée à grande échelle.
Pour plusieurs observateurs, cette nouvelle crise sanitaire montre que la lutte contre Ebola ne dépend plus uniquement des réponses d’urgence. Elle pose désormais la question du renforcement durable du système de santé congolais, notamment en matière de laboratoires, de surveillance communautaire, de formation du personnel médical et de confiance entre populations locales et autorités sanitaires. Sans ces investissements structurels, les spécialistes estiment que la RDC pourrait continuer à faire face à des flambées épidémiques récurrentes dans les années à venir.
DecryptEco
Leave a comment