La coopération entre la République démocratique du Congo et la Belgique en matière d’asile et de migration a occupé une place centrale dans l’entretien accordé par le Président Félix-Antoine Tshisekedi à la ministre belge de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, le mardi 14 avril 2026 à la Cité de l’Union africaine à Kinshasa.
Les discussions ont porté sur la hausse des demandes d’asile introduites par des ressortissants congolais en Belgique et sur les moyens d’en améliorer la gestion.
Les deux parties ont évoqué un renforcement de la coopération entre la Direction générale des migrations (DGM) et l’Office des étrangers belge, avec pour objectif un meilleur encadrement des flux migratoires.
Les chiffres récents illustrent l’ampleur du phénomène. En 2025, la Belgique a enregistré environ 2 500 demandes d’asile en provenance de la RDC, soit un doublement par rapport aux 1 250 demandes recensées en 2023. La dynamique reste orientée à la hausse en 2026, avec déjà plus de 450 demandes enregistrées au premier trimestre.
Mais au-delà de la progression des volumes, c’est surtout le taux d’acceptation qui éclaire la nature des flux.
Selon les données communiquées par la ministre belge, seuls 14 % des demandeurs congolais ont obtenu le statut de réfugié en 2025. Autrement dit, près de 86 % des dossiers ont fait l’objet d’un refus.
Ce différentiel met en évidence un décalage structurel entre les motivations des demandeurs et les critères juridiques de l’asile.
Le droit d’asile repose sur des conditions strictes, notamment la démonstration d’un risque avéré de persécution. Or, une part importante des demandes introduites semble relever davantage de logiques économiques ou sociales que de situations correspondant à la protection internationale.
Dans ce contexte, la coopération bilatérale vise à agir en amont. L’un des axes évoqués concerne l’amélioration de l’information des candidats au départ, afin de clarifier les conditions d’accès à l’asile et de limiter les démarches non fondées.
Un autre levier porte sur le renforcement des mécanismes de retour pour les personnes déboutées, dans le respect des cadres légaux.
Cette séquence diplomatique illustre une convergence d’intérêts entre Kinshasa et Bruxelles autour d’une gestion plus structurée des mobilités. Elle renvoie également à une question plus large, celle de la capacité des économies à offrir des perspectives locales suffisantes pour contenir une pression migratoire qui, elle, continue de s’intensifier.
DecryptEco
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