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RDC : l’ingénieur Francis Kaboya appelle à replacer l’énergie et la technologie au cœur du débat public

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Au lendemain de la conférence de presse du président de la république, Félix Antoine Tshisekedi, organisée le mercredi 06 Mai 2026 à Kinshasa, l’ingénieur Francis Kaboya estime que les grands débats publics en Afrique continuent d’accorder une place insuffisante aux enjeux scientifiques, technologiques et énergétiques, pourtant essentiels au développement économique.

Dans une réflexion transmise à DecryptEco, cet ingénieur formé à l’Institut Supérieur des Techniques Appliquées (ISTA) explique avoir été particulièrement interpellé par l’absence de questions approfondies sur l’innovation, l’énergie ou la transformation technologique lors des échanges avec le Chef de l’État.

Selon lui, les conférences de presse présidentielles sur le continent restent principalement dominées par « la sécurité, les conflits, les alliances politiques, les tensions sociales ou l’économie immédiate », alors que les questions liées à la recherche scientifique, à l’intelligence artificielle ou aux infrastructures énergétiques demeurent souvent secondaires.

Francis Kaboya considère pourtant que plusieurs sujets devraient désormais occuper une place centrale dans les discussions nationales, notamment la stratégie numérique de la RDC, l’intelligence artificielle, la cybersécurité, la formation des ingénieurs, le financement de l’innovation ou encore la transformation locale des minerais stratégiques.

Il insiste particulièrement sur la question énergétique, qu’il présente comme une condition indispensable à toute transformation économique durable. Selon lui, « sans énergie stable, l’industrialisation devient difficile, les hôpitaux fonctionnent mal, les entreprises dépensent énormément en groupes électrogènes et les jeunes innovateurs restent limités ».

L’ingénieur met notamment en avant le potentiel de la RDC dans le domaine de l’énergie solaire et des technologies énergétiques propres. Il estime que le pays pourrait devenir « un acteur majeur de l’énergie propre en Afrique » si les investissements publics et privés étaient davantage orientés vers « le solaire, le stockage par batteries, les réseaux hybrides et la formation technique ».

Cette réflexion rime avec plusieurs analyses développées par l’Agence internationale de l’énergie ( AIE) dans son rapport  » Africa Energy Outlook « .

L’institution y souligne que l’accès à une électricité stable constitue l’un des principaux leviers de transformation économique du continent africain, notamment pour soutenir l’industrialisation, la numérisation des économies et le développement des écosystèmes technologiques.

Dans le cas de la RDC, plusieurs analystes estiment que la question énergétique devient désormais stratégique à double niveau : pour soutenir les activités économiques locales, mais aussi pour permettre au pays de mieux valoriser ses ressources minières dans les chaînes industrielles liées à la transition énergétique mondiale.

Des spécialistes du secteur considèrent également que le développement des mini-réseaux solaires, des solutions hybrides et du stockage énergétique pourrait progressivement réduire les inégalités d’accès à l’électricité, particulièrement dans les zones rurales où les coûts énergétiques restent un frein majeur à l’innovation et à l’entrepreneuriat.

DecryptEco

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