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Contrôle des finances publiques appuyé par l’IA : Al Kitenge voit l’IGF entrer dans une nouvelle génération de surveillance financière

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  • Pour le stratège et lobbyiste Al Kitenge, la migration de l’Inspection générale des finances vers l’intelligence artificielle marque une rupture majeure dans la manière de contrôler les finances publiques en RDC.
  • Il estime que l’IA permettra progressivement de détecter les fraudes avant même leur exécution grâce à l’analyse massive des données administratives et budgétaires.

L’Inspection générale des finances veut désormais faire entrer le contrôle public congolais dans une nouvelle phase technologique. Après plusieurs années marquées par la « patrouille financière », l’institution annonce son intention de migrer progressivement vers un contrôle systémique basé sur la donnée, la traçabilité numérique et l’intelligence artificielle.

Interrogé, ce Samedi 23 Mai 2026 par DecryptEco, le stratège et lobbyiste Al Kitenge considère cette évolution comme une adaptation logique aux nouvelles réalités technologiques mondiales.

« L’IGF de 2026 fait le choix de vivre avec son époque. Ce n’est pas un effet de mode, c’est le choix des meilleurs outils qui existent », explique-t-il.

Selon lui, l’intelligence artificielle pourrait profondément modifier la lutte contre les crimes économiques en République démocratique du Congo. « L’IGF choisit de rendre le crime financier impossible », affirme-t-il, estimant que les nouveaux outils permettront de détecter des irrégularités avant même leur matérialisation.

Dans cette logique, l’IA serait capable d’analyser simultanément des volumes considérables de données budgétaires, fiscales, salariales et administratives afin d’identifier rapidement des incohérences, des doublons ou des agents fictifs.

« L’avantage majeur, c’est la vitesse et la possibilité d’établir des évidences à partir des données complexes. L’IA ne se fatigue pas et travaille 24 heures sur 24 », soutient Al Kitenge.

Pour lui, la transition vers un contrôle préventif constitue probablement le changement le plus important. Là où les systèmes classiques interviennent souvent après les détournements, les algorithmes pourraient désormais anticiper certains risques financiers.

« L’IA ne va pas s’entraîner ici. Elle remplit déjà des missions plus complexes à travers le monde », insiste-t-il, convaincu que les outils technologiques évolueront plus rapidement que les réseaux de fraude financière.

Malgré les défis liés à la connectivité, à l’électricité ou encore à la cybersécurité, Al Kitenge minimise les inquiétudes sur la capacité du pays à engager cette mutation technologique.

« La RDC a de plus en plus de data centers ainsi que des experts dans toutes les disciplines de l’informatique », affirme-t-il, avant d’ajouter : « Le seul risque, c’est l’éducation nationale. Nos écoles et universités doivent arrêter d’enseigner des choses obsolètes. »

Sur la question sensible de la souveraineté numérique, il estime que la RDC devra surtout construire une modernisation rapide de l’État et renforcer ses compétences locales afin d’éviter une dépendance excessive.

« L’IGF devra s’équiper en premier des compétences dans ce nouvel environnement de travail, puis considérer les infrastructures IT ainsi que des partenariats nationaux et internationaux », recommande-t-il.

À travers cette réforme, l’IGF semble vouloir transformer progressivement le contrôle des finances publiques en un système de surveillance permanent fondé sur l’exploitation intelligente des données. Une mutation qui pourrait redéfinir durablement la gouvernance financière de l’État congolais.

Il sied de rappeler que cette orientation vers l’intelligence artificielle a été révélée lors de la dernière conférence de presse organisée le 20 mai 2026 à Kinshasa par l’inspecteur général chef de service, Christophe Bitasimwa Bahii.

À cette occasion, l’IGF avait justifié l’abandon progressif de la « patrouille financière » par les limites du contrôle classique face à la complexité des flux financiers publics. L’institution avait notamment révélé l’identification de plus de 38 000 agents fictifs et annoncé un vaste programme de transformation numérique destiné à renforcer la traçabilité et la détection des irrégularités financières.

DecryptEco

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