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RDC : Le gouvernement joue ses dernières cartes pour sortir de la liste grise du GAFI

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  • Le gouvernement congolais affirme avoir finalisé l’ensemble des 23 actions prévues dans le plan d’action convenu avec le Groupe d’action financière, une étape jugée cruciale pour obtenir le retrait de la RDC de la liste grise liée à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
  • Une mission finale d’évaluation du GAFI est attendue à Kinshasa dans les prochaines semaines avant une éventuelle décision officielle de retrait.

Après plusieurs années sous surveillance renforcée du Groupe d’action financière (GAFI), la République démocratique du Congo affirme être entrée dans la phase finale de son processus de sortie de la liste grise, un enjeu considéré comme stratégique pour restaurer la crédibilité financière du pays et améliorer son attractivité auprès des investisseurs internationaux.

Lors de la 89ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue le vendredi 22 mai 2026, le ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde, a présenté l’état d’avancement des réformes engagées par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.

Selon le compte rendu officiel, à l’arrivée du gouvernement en 2024, seules cinq des 23 actions exigées par le GAFI avaient été exécutées, soit environ 21 % du plan convenu. Les autorités congolaises affirment désormais avoir achevé l’ensemble des mesures requises.

Cette annonce marque une nouvelle étape dans un processus progressivement accéléré depuis plusieurs mois. En mars 2026, le gouvernement indiquait encore avoir exécuté 20 des 23 actions prévues, tout en préparant une réunion d’évaluation technique en Namibie consacrée aux mesures restantes.

Le gouvernement met notamment en avant le renforcement du cadre juridique de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, l’intensification des contrôles des institutions assujetties, le renforcement des capacités opérationnelles de la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF), ainsi qu’une hausse des enquêtes, poursuites et mécanismes de confiscation des avoirs criminels.

Les autorités soulignent également les progrès enregistrés dans l’intégration de la RDC aux mécanismes internationaux de coopération financière. Le compte rendu évoque notamment l’adhésion prochaine au Groupe Egmont, le réseau mondial des cellules de renseignement financier, attendue entre fin juin et début juillet 2026 à Bakou.

Pour Kinshasa, l’enjeu dépasse largement le cadre réglementaire. Une sortie de la liste grise pourrait contribuer à réduire la perception du risque pays, faciliter les relations avec les banques correspondantes internationales et fluidifier davantage les transactions financières transfrontalières.

Les juridictions placées sous surveillance renforcée du GAFI font généralement face à des contrôles accrus de conformité, susceptibles d’alourdir les coûts des transactions internationales, de ralentir certains flux financiers et de compliquer l’accès aux financements extérieurs.

Le gouvernement espère également qu’un retrait de la liste grise permettra de renforcer la crédibilité du système financier congolais auprès des investisseurs étrangers, dans un contexte où la RDC cherche à attirer davantage de capitaux dans les secteurs minier, énergétique, bancaire et des infrastructures.

La décision finale appartient toutefois au GAFI, qui devra évaluer non seulement l’exécution technique des engagements pris par Kinshasa, mais également la capacité des autorités à maintenir durablement ces réformes dans le temps.

Pour éviter tout retour sous surveillance renforcée, le ministère des Finances travaille déjà sur un dispositif post-ICRG destiné à consolider les mécanismes de conformité et à inscrire les réformes dans la durée.

DecryptEco

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