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Le Président de la République, Félix Tshisekedi demande un répertoire national des projets agricoles et un mécanisme permanent de suivi de leur exécution physique et financière.
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La RDC dispose d’environ 80 millions d’hectares de terres arables, mais seulement 10 % sont exploités, alors que 26,5 millions de personnes connaissent une insécurité alimentaire aiguë.
Le Président de la République, Félix Tshisekedi, veut renforcer le pilotage des investissements consacrés à l’agriculture afin de mieux mesurer leurs résultats sur le terrain.
Cette volonté a été transmise aux membres du gouvernement lors de la 95eme réunion du conseil des ministres, tenue le vendredi 31 juillet 2026 à Haut-Lomami.
Sous la coordination de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, le ministre d’État chargé de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi devra élaborer un répertoire exhaustif des projets agricoles exécutés sur l’ensemble du territoire national.
Ce document devra préciser la localisation de chaque projet, son financement, son niveau d’exécution, les structures responsables et les résultats attendus. L’objectif est de permettre au Gouvernement de savoir qui finance quoi, dans quelle province et au bénéfice de quelles populations.
80 millions d’hectares pour seulement 10 % exploités
La démarche intervient dans un pays disposant d’environ 80 millions d’hectares de terres arables, dont seulement 10 % sont actuellement mis en valeur, selon la Banque africaine de développement (BAD) et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Cette superficie potentielle représente près de 2,4 fois l’ensemble du territoire de la Malaisie, évalué à environ 33 millions d’hectares.
La comparaison ne porte pas uniquement sur la superficie. La Banque mondiale présente la Malaisie comme un pays ayant utilisé l’agriculture, la transformation locale et l’organisation des chaînes de valeur pour passer d’une économie dépendante des produits primaires à une économie diversifiée.
Pour la RDC, le répertoire demandé doit donc servir à identifier les zones où plusieurs projets se chevauchent, mais aussi celles qui reçoivent peu d’investissements. Il doit également faciliter la réorientation des ressources vers les routes agricoles, les semences, l’irrigation, le stockage et la transformation.
Relier les dépenses aux réalisations
Le dispositif préconisé prévoit des contrôles réguliers de l’exécution physique et financière des projets, des missions de vérification sur le terrain ainsi que la production d’indicateurs de performance.
Le suivi physique permettra, par exemple, de vérifier si les entrepôts, routes ou unités de transformation annoncés ont réellement été construits. Le suivi financier devra rapprocher les montants décaissés des travaux effectivement réalisés.
Cette orientation répond aussi à la structure de l’emploi. En RDC, 56 % des emplois se trouvent encore dans l’agriculture primaire, contre une moyenne de 49 % en Afrique subsaharienne. Les activités agroalimentaires situées après la récolte, notamment la transformation et la commercialisation, ne représentent que 5 % des emplois congolais, contre 19 % dans la région.
26,5 millions de personnes touchées par la faim
La mise en place de ces outils intervient alors que 26,5 millions de personnes, soit près d’un Congolais sur quatre, font face à une insécurité alimentaire aiguë. Parmi elles, 3,6 millions sont classées en situation d’urgence, selon l’analyse publiée en mai 2026 par la FAO et le Programme alimentaire mondial (PAM).
Le Gouvernement veut ainsi disposer d’un tableau de bord national capable de suivre les financements, de détecter les retards et de mesurer la contribution réelle de chaque projet à la production, à l’emploi et à la réduction de la dépendance alimentaire.
DecryptEco
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