-
Depuis 2015, le secteur technologique n’a fourni qu’environ 5 % du capital-risque destiné aux start-up énergétiques, malgré l’augmentation rapide de ses besoins en électricité.
-
La consommation mondiale des centres de données pourrait plus que doubler d’ici 2030, alors que les financements technologiques restent concentrés sur la mobilité électrique et les batteries.
Le secteur technologique occupe une place grandissante dans l’économie mondiale, mais son engagement financier dans l’innovation énergétique demeure limité. Depuis 2015, les entreprises du numérique n’ont fourni qu’environ 5 % du capital-risque destiné aux start-up du secteur énergétique, selon le rapport spécial Energy and AI de l’Agence internationale de l’énergie, AIE. Certaines années, révèle la source, cette proportion a néanmoins atteint 20 %.
Ce faible niveau contraste avec la puissance financière des grands groupes technologiques.
Les six principales entreprises numériques américaines ont consacré environ 250 milliards USD à la recherche et au développement en 2024, contre 50 milliards USD en 2015. En moins de dix ans, leurs dépenses dans ce domaine ont donc été multipliées par cinq.
Pourtant, les investissements dirigés vers l’énergie restent fortement concentrés. Depuis 2020, plus des deux tiers du capital-risque fourni par les entreprises numériques aux start-up énergétiques ont été orientés vers les transports électriques et les activités associées, notamment les batteries lithium-ion.
Seulement 15 % ont concerné les applications liées à l’électricité et près de 4 % les solutions destinées à améliorer l’efficacité des centres de données et des équipements informatiques.
Une consommation électrique en forte progression
Cette prudence financière intervient alors que les besoins énergétiques du numérique augmentent rapidement. En 2024, les centres de données ont consommé environ 415 térawattheures d’électricité, soit 1,5 % de la consommation mondiale. Leur demande a progressé de 12 % par an au cours des cinq dernières années.
Dans son scénario central, l’AIE prévoit une consommation d’environ 945 térawattheures en 2030. Elle ferait ainsi plus que doubler en six ans. Dans le scénario marqué par une adoption plus rapide de l’intelligence artificielle, la consommation pourrait même dépasser 1 260 térawattheures.
Les investissements cumulés dans les centres de données pourraient atteindre 4 200 milliards USD d’ici 2030. Pour alimenter ces infrastructures, le secteur électrique mondial devra mobiliser près de 480 milliards USD supplémentaires sur cinq ans.
Le constat est sévère que les entreprises technologiques réclament toujours plus d’électricité, mais leur contribution directe à l’innovation énergétique reste encore modeste. Sans un engagement financier plus conséquent dans les réseaux, le stockage, l’efficacité énergétique et les capacités de production, le développement rapide de l’intelligence artificielle risque d’accentuer les tensions sur des systèmes électriques déjà fragiles, préviennent les experts de l’institution.
DecryptEco
Laisser un commentaire