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RDC : Crispin Mbadu chiffre les transferts de la diaspora entre 3,5 et 4,5 milliards USD par an

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  • Le ministre délégué chargé de la Francophonie et de la Diaspora estime que les transferts officiellement enregistrés vers la RDC représentent entre 3,5 et 4,5 milliards USD par an, auxquels s’ajoutent des flux transitant par des circuits informels.

  • La dernière donnée disponible de la Banque mondiale situe toutefois les remises reçues à environ 3,32 milliards USD en 2025. Au-delà du montant, la question économique porte désormais sur la capacité du pays à convertir une partie de ces ressources en investissement productif.

Les Congolais établis à l’étranger injectent chaque année plusieurs milliards de dollars dans l’économie nationale. Intervenant à l’occasion du bilan du gouvernement Suminwa II, le ministre délégué chargé de la Francophonie et de la Diaspora, Crispin Mbadu Phanzu, a situé les transferts officiellement enregistrés entre 3,5 et 4,5 milliards USD par an, en attribuant cette estimation à la Banque mondiale.

La dernière série disponible des World Development Indicators appelle toutefois à nuancer cette fourchette.

La Banque mondiale évalue les transferts personnels reçus par la RDC à environ 3,32 milliards USD en 2025, contre environ 2 milliards en 2024. Ils représentaient ainsi près de 3,65 % du PIB congolais en 2025. L’origine précise de l’écart entre cette donnée et la fourchette avancée par le ministre n’a pas été documentée dans sa déclaration.

Ces ressources ne sont pas des recettes directement encaissées par l’État. Elles arrivent principalement auprès des ménages et autres bénéficiaires privés. Elles financent les dépenses courantes, l’éducation, la santé, le logement ou de petites activités économiques.

Cependant, leur poids permet cependant de regarder la diaspora sous un autre angle : non seulement comme source de soutien familial, mais aussi comme détenteur potentiel d’une épargne mobilisable pour financer l’économie.

En guise de comparaison, le Burkina Faso fournit en 2026 un exemple de cette transformation. En mai, Ouagadougou a lancé un programme de Diaspora Bonds, baptisé « Emprunt patriotique ».

Une première émission devait mobiliser 125 milliards de FCFA, sur un programme global de 240 milliards, avec des maturités de cinq et sept ans et des rendements de 6,75 % et 6,85 %.

L’opération a finalement levé 151,5 milliards de FCFA, dépassant ainsi l’objectif initial. En juillet, 85 milliards de FCFA issus du programme avaient déjà été affectés à quatre conventions de financement portant notamment sur des projets industriels et miniers.

En septembre, les deux obligations ont été admises à la cote de la Bourse régionale des valeurs mobilières, permettant leur négociation sur le marché secondaire.

Les deux économies ne sont pas directement comparables, mais le mécanisme burkinabè illustre une possibilité : créer des instruments permettant à la diaspora de passer du simple transfert familial à l’investissement rémunéré dans des actifs identifiables.

À partir des 3,32 milliards USD enregistrés en RDC en 2025, une allocation volontaire de seulement 10 % vers des obligations, fonds d’investissement, financements de PME ou infrastructures représenterait théoriquement environ 332 millions USD par an. Il ne s’agirait pas de détourner les transferts destinés aux ménages, mais d’offrir une destination supplémentaire à l’épargne disponible.

La compétitivité économique se joue aussi à ce niveau. Une épargne de diaspora transformée en capitaux de long terme peut financer des entreprises, des capacités industrielles et des infrastructures sans faire reposer tout l’investissement sur le crédit bancaire ou les capitaux étrangers.

Pour la RDC, le prochain indicateur ne sera donc pas seulement le volume des transferts reçus, mais la part qui pourra effectivement être convertie en investissements productifs à travers des instruments financiers crédibles, transparents et accessibles.

DecryptEco | RDC & Afrique

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