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Afrique : les nouvelles surtaxes de Maersk annoncent une hausse des coûts logistiques

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Les tensions persistantes au Moyen-Orient ne se limitent plus aux marchés pétroliers : elles redessinent déjà l’économie du transport mondial. Face à une envolée durable des coûts de l’énergie, le géant danois Maersk généralise ses surtaxes carburant sur ses opérations intermodales, d’abord en Europe puis sur plusieurs corridors africains. Une évolution qui annonce une nouvelle phase de renchérissement des chaînes logistiques internationales et dont les répercussions pourraient rapidement atteindre les importateurs, les industriels et, in fine, les consommateurs africains.

L’onde de choc provoquée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient se propage désormais bien au-delà des marchés pétroliers. Elle atteint les chaînes logistiques mondiales, où les grands armateurs révisent progressivement leurs politiques tarifaires pour absorber une hausse durable des coûts énergétiques. Le groupe danois A.P. Moller – Maersk, leader mondial du transport maritime par conteneurs, illustre cette évolution à travers une série d’annonces publiées depuis plusieurs semaines en Europe comme en Afrique.

DecryptEco est entré en possession du dernier communiqué publié par Maersk concernant la région DACH — Allemagne, Autriche et Suisse — dans lequel l’entreprise annonce une nouvelle révision de son Intermodal Fuel Fee (EFS/IFS). À compter du 6 juillet 2026, le transport routier ainsi que les opérations fluviales seront soumis à une surcharge de 4 %, tandis que le transport ferroviaire combiné sera concerné par un taux de 2 %. Ces pourcentages, appliqués aux frais d’acheminement intérieur (IHI/IHE), resteront en vigueur jusqu’au 20 juillet avant une nouvelle évaluation, Maersk ayant désormais adopté un mécanisme de révision régulière afin de suivre les fluctuations du marché énergétique.

L’entreprise explique cette décision par la forte volatilité des prix mondiaux de l’énergie, alimentée par l’évolution de la situation sécuritaire autour du détroit d’Ormuz. Ce passage stratégique concentre près de 20 % des flux mondiaux de carburant, ce qui fait de chaque tension régionale un facteur susceptible d’affecter rapidement les coûts du transport international. Pour maintenir la continuité de ses services, garantir la disponibilité de ses prestataires terrestres et préserver la fiabilité de ses opérations, Maersk estime nécessaire d’adapter ses frais logistiques à cette nouvelle réalité.

Cette politique ne se limite toutefois pas au marché européen. Depuis le printemps, Maersk multiplie les avis tarifaires sur plusieurs continents, confirmant que les surtaxes carburant deviennent un instrument permanent de gestion des coûts plutôt qu’une réponse ponctuelle à une crise. Royaume-Uni, Italie, Pologne, Benelux ou encore Grèce figurent parmi les marchés ayant récemment fait l’objet d’ajustements comparables.

L’Afrique est désormais pleinement intégrée à cette stratégie. En Afrique australe, Maersk a annoncé dès le mois de mai une révision importante des frais de carburant applicables aux opérations reliant les ports sud-africains à l’Afrique du Sud, au Lesotho, au Botswana et à l’Eswatini. Les surcharges sur le transport routier sont notamment passées de 8 % à 28 %, afin de tenir compte de l’augmentation des coûts du carburant imputée au contexte géopolitique international. Dans un second temps, l’entreprise a également instauré une surtaxe de 22 % sur plusieurs corridors desservant le Mozambique, le Malawi, le Zimbabwe et la Zambie via les ports mozambicains.

L’Afrique de l’Est suit la même trajectoire. Au Kenya, Maersk a procédé à plusieurs ajustements successifs sur les corridors reliant le port de Mombasa aux principales destinations intérieures. Ces révisions concernent à la fois les frais d’acheminement intérieur et les surtaxes carburant appliquées au transport routier et ferroviaire. L’entreprise précise que ces modifications découlent directement des révisions des prix des carburants publiées par l’Energy and Petroleum Regulatory Authority (EPRA) ainsi que des ajustements tarifaires de Kenya Railways Corporation, ce qui rend ces frais susceptibles d’évoluer régulièrement en fonction des conditions du marché.

Pour les économies africaines, ces décisions dépassent largement le secteur du transport. La majorité des importations stratégiques du continent — équipements industriels, produits manufacturés, biens de consommation ou intrants destinés aux entreprises — transitent par des chaînes logistiques combinant transport maritime, routier et ferroviaire. Toute augmentation des coûts sur l’un de ces maillons finit par se répercuter sur le coût final des marchandises, réduisant les marges des entreprises et accentuant les pressions inflationnistes.

La multiplication des annonces de Maersk traduit ainsi une évolution plus profonde de l’économie mondiale. Les armateurs ne raisonnent plus uniquement en fonction du coût du fret maritime. Ils intègrent désormais les risques géopolitiques, les marchés de l’énergie et les contraintes opérationnelles dans la tarification de l’ensemble de leurs services logistiques. Les surtaxes carburant deviennent progressivement un élément structurel du commerce international.

Pour les entreprises africaines, cette nouvelle donne impose une vigilance accrue. Dans un environnement marqué par l’incertitude énergétique et les tensions géopolitiques, la maîtrise des coûts logistiques devient un facteur déterminant de compétitivité. Si les perturbations actuelles devaient se prolonger, la hausse des frais de transport pourrait rapidement s’étendre à d’autres marchés africains, avec des répercussions directes sur les chaînes d’approvisionnement et sur le coût des échanges commerciaux du continent.

DecryptEco

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