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EquityBCDC et SAFRICODE s’associent pour rapprocher financement bancaire et offre immobilière, avec une attention particulière portée aux Congolais vivant à l’étranger.
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L’initiative arrive dans un pays confronté à un déficit estimé à près de 4 millions de logements et où la sécurisation foncière reste déterminante pour développer durablement le crédit immobilier.
Equity Banque Commerciale du Congo et le promoteur immobilier SAFRICODE veulent réduire l’une des principales barrières à l’acquisition d’un logement en République démocratique du Congo : l’accès au financement.
Les deux entreprises ont officialisé, le mardi 8 septembre 2026, un partenariat destiné aux particuliers et à la diaspora congolaise. Dans cette nouvelle architecture de collaboration, SAFRICODE apporte les projets immobiliers, tandis qu’EquityBCDC, pour sa part, mobilise son expertise bancaire pour accompagner les acquéreurs dans leur financement.
Le rapprochement vient ainsi connecter deux maillons souvent séparés du marché congolais : le promoteur qui construit et commercialise les logements et la banque qui évalue la capacité de remboursement de l’acheteur.
À ce jour, EquityBCDC dispose déjà d’un « Prêt Immo Diaspora » destiné à l’acquisition, la construction ou la rénovation. Cette offre peut financer jusqu’à 80 % du coût total d’un projet, avec une maturité pouvant aller jusqu’à cinq ans, sous réserve notamment de revenus stables, d’un projet documenté et de garanties suffisantes.
La communication autour du nouveau partenariat ne précise toutefois pas encore si ces mêmes paramètres seront appliqués automatiquement aux logements commercialisés par SAFRICODE.
SAFRICODE dispose, de son côté, de plusieurs programmes à Kinshasa. Son portefeuille actuel comprend notamment des résidences à Gombe, Ngaliema, Limete et Kasa-Vubu, avec un positionnement largement orienté vers le segment premium.
Un marché beaucoup plus large que la clientèle haut de gamme
Cette distinction est importante. Selon le gouvernement, la RDC accuse un déficit évalué à près de quatre millions de logements. Les besoins sont estimés autour de 265 000 unités supplémentaires par an.
Fin août, l’exécutif a d’ailleurs relancé l’idée de transformer le Fonds national de l’habitat en banque publique spécialisée afin de mobiliser des ressources longues et développer davantage le financement du logement.
Sur cet aspect de choses, les spécialistes du financement immobilier renseignent que la portée économique de ce type de partenariat se juge principalement sur trois paramètres : le prix des logements proposés, la durée réelle du crédit et le niveau de revenu nécessaire pour supporter les mensualités.
À cet effet, un financement bancaire peut donc faciliter l’achat sans nécessairement rendre un logement « abordable ». Plus la maturité est courte et le prix du bien élevé, plus l’effort mensuel demandé au ménage reste important.
Le second verrou est foncier. Les experts en gouvernance foncière et en urbanisme considèrent la fiabilité du titre comme une condition essentielle au développement du crédit hypothécaire.
En RDC, les opérations immobilières et les hypothèques imposent notamment des procédures d’expertise et de vérification des biens destinés à servir de garantie.
Le RGPH2 pourrait changer la lecture du marché
L’initiative arrive également au moment où la RDC accélère les préparatifs du deuxième Recensement général de la population et de l’habitat, 42 ans après le dernier recensement réalisé en 1984.
La cartographie censitaire est engagée en 2026 et la formation des opérateurs cartographes débute ce mercredi 9 septembre. Le dénombrement exhaustif est annoncé pour 2027.
Pour l’immobilier, cette opération est loin d’être secondaire. Elle doit permettre de mieux connaître le nombre de ménages, leur localisation, la structure de l’habitat et la croissance réelle des agglomérations. Ce qui revient à dire que, passer progressivement d’un marché piloté par des estimations à une politique du logement appuyée sur une cartographie plus précise de la demande.
Cette connaissance devient aussi nécessaire pour contenir la spéculation foncière.
Parallèlement, une étude universitaire récente consacrée à l’est de Kinshasa a relevé, dans son échantillon, une forte présence de parcelles non mises en valeur et de terrains conservés comme réserves foncières, dans un contexte de forte pression démographique.
Mais pour élargir durablement ce marché, préconisent les experts, la RDC devra simultanément développer des financements longs, produire davantage de logements accessibles, sécuriser les titres et empêcher que l’expansion immobilière ne se transforme simplement en accumulation spéculative de terres.
DecryptEco
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