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Réunis vendredi 3 juillet 2026, les sénateurs ont adopté deux projets de loi de ratification : l’un porte sur le partenariat économique global conclu avec les Émirats arabes unis, l’autre sur le nouvel Accord international sur le cacao signé à Abidjan.
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Les comptes X officiels du Sénat et du ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, ont annoncé ces votes. Derrière la procédure parlementaire apparaît un mouvement plus large : Kinshasa cherche simultanément à mieux encadrer les circuits miniers et à donner une profondeur internationale à une filière cacao encore secondaire face au poids écrasant du cuivre et du cobalt.
Vendredi 3 juillet, dans l’hémicycle du Sénat, deux textes sans lien apparent ont suivi le même chemin.
D’un côté, les Émirats arabes unis, leurs capitaux, leurs plateformes commerciales et un partenariat économique conclu avec Kinshasa. De l’autre, le cacao, les petits producteurs et l’ambition de mieux inscrire la RDC dans un marché agricole mondial.
Le rapprochement n’est pas anodin. Sous la direction de Jean-Michel Sama Lukonde, les sénateurs ont adopté les projets de loi autorisant la ratification de l’Accord de partenariat économique global signé avec les Émirats arabes unis le 2 février à Abou Dhabi et du nouvel Accord international sur le cacao signé le 2 juin à Abidjan.
L’information vient directement des deux acteurs institutionnels du dossier. Le compte X officiel du Sénat a rendu compte de la plénière et du vote. Celui de Julien Paluku Kahongya, ministre du Commerce extérieur, a confirmé l’adoption des deux textes et annoncé la poursuite du parcours législatif à l’Assemblée nationale.
Cette double ratification mérite mieux qu’une lecture protocolaire. La RDC commerce encore avec le monde à partir d’une position profondément asymétrique. Son sous-sol lui donne une importance stratégique exceptionnelle, mais une large part de cette puissance repose sur l’extraction et l’exportation de matières premières. La valeur circule ensuite dans des chaînes logistiques, financières et industrielles que le pays ne maîtrise que partiellement.
L’accord avec les Émirats intervient précisément dans cet espace. Signé à Abou Dhabi, l’APEG doit élargir les débouchés commerciaux et réduire certaines barrières aux échanges. Les communications autour du partenariat évoquent l’accès du marché émirati à près de 6 000 produits congolais. La coopération conclue en février comprend aussi un volet plus large touchant aux mines, aux investissements et à la sécurisation des chaînes d’approvisionnement.
Le compte officiel du Sénat met particulièrement en avant la traçabilité des minerais et la lutte contre les réseaux mafieux.
Ce choix de vocabulaire est révélateur. Pour la RDC, perdre la trace d’un minerai revient souvent à perdre davantage qu’une cargaison. L’opacité facilite les circuits illicites, affaiblit la collecte publique et réduit la capacité du pays à défendre l’origine de ses ressources auprès d’acheteurs soumis à des exigences croissantes de conformité.
La traçabilité n’est donc plus seulement une affaire de police minière. Elle devient une composante de la valeur commerciale. Mais Abou Dhabi ne constitue qu’une moitié du récit. L’autre se joue dans les plantations.
Le nouvel Accord international sur le cacao offre à la RDC un cadre multilatéral dans lequel les revenus des producteurs, la durabilité et l’organisation du marché occupent une place centrale. Le texte international lui-même inscrit la coopération cacaoyère dans une logique plus large de développement économique et de durabilité.
Sur son compte X officiel, Julien Paluku présente cette adhésion comme un moyen de structurer les filières, de promouvoir la transformation locale et de renforcer la présence congolaise dans les échanges internationaux. Le Sénat rapporte également son insistance sur les revenus des petits producteurs.
Le contraste avec les mines est considérable. Le cuivre et le cobalt concentrent des capitaux lourds, de grands opérateurs et une part décisive des exportations. Le cacao peut diffuser le revenu à travers une base rurale plus large, au plus près des producteurs et des territoires. Sa contribution macroéconomique reste sans commune mesure avec celle des métaux, mais sa géographie sociale est différente.
C’est ce qui donne une cohérence aux deux votes. Avec les Émirats, Kinshasa cherche à mieux organiser l’accès aux marchés, aux capitaux et aux chaînes minérales. Avec le cacao, le pays tente d’élargir son portefeuille exportateur et de donner davantage de poids à une production agricole capable de soutenir les revenus ruraux.
Les accords ne feront toutefois pas le travail à la place de l’économie réelle. Un minerai traçable exige des systèmes de contrôle crédibles. Un cacao compétitif exige des routes, des standards de qualité, du stockage, du financement et des acheteurs. La transformation locale suppose de l’électricité, des équipements et des entreprises capables de produire à coût compétitif.
La ratification ouvre des portes. Elle ne construit pas ce qui doit les traverser. Le vote du 3 juillet marque ainsi moins l’arrivée de deux nouveaux accords que le début d’une bataille plus difficile : faire de la RDC autre chose qu’un territoire riche en produits recherchés, en construisant les chaînes de valeur capables de conserver davantage de revenus, d’emplois et de pouvoir économique à l’intérieur du pays.
DecryptEco
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