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Lors de la 98e réunion ordinaire du Conseil des ministres, Félix Tshisekedi a imposé un suivi mensuel de tous les projets d’eau, d’hygiène et d’assainissement, avec leur financement, leur niveau d’exécution, les paiements, les blocages et les échéances. Les contraintes évitables devront être résorbées avant fin 2026.
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Le cap national est fixé à 60 % d’accès à l’eau potable en 2035. La troisième Enquête démographique et de santé situe toutefois à 43 % la part de la population ayant accès à un service élémentaire d’eau, tandis que les investissements nécessaires au Pacte présidentiel sont estimés à 20 milliards USD.
Lors de son intervention à la 98e réunion ordinaire du Conseil des ministres, tenue vendredi 11 septembre 2026 à Kinshasa, Félix Tshisekedi a demandé au Gouvernement d’accélérer l’exécution des projets du secteur de l’eau et la mise en œuvre du Pacte présidentiel pour l’eau, l’hygiène et l’assainissement.
L’objectif affiché est d’augmenter l’accès à l’eau potable à travers un service fiable, continu et de qualité.
Le ministre des Ressources hydrauliques et de l’Électricité devra désormais présenter, sous la coordination de la Première ministre, un tableau de bord consolidé et actualisé chaque mois.
Celui-ci devra détailler, projet par projet et province par province, la localisation, le financement, le niveau d’exécution, les paiements effectués, les contraintes rencontrées et le calendrier d’achèvement.
La mesure vise notamment PAEEPA, KIN ELENDA, AGREE, PASEA et PRISE, ainsi que les projets financés sur ressources propres ou avec l’appui des partenaires.
La Présidence demande également d’identifier les blocages administratifs, techniques et financiers, puis d’affecter à chacun une mesure corrective, un responsable et une échéance.
Les contraintes jugées évitables doivent être résorbées avant fin 2026. Un portefeuille prioritaire devra en outre être établi pour chacune des 26 provinces, avec une priorité aux zones les moins desservies.
Le besoin reste massif. La troisième Enquête démographique et de santé (EDS-RDC III 2023-2024), conduite par l’Institut national de la statistique avec l’appui de l’École de santé publique de l’Université de Kinshasa, établit que 43 % de la population utilise au moins un service élémentaire d’eau de boisson, tandis que seulement 15 % bénéficie d’au moins un service élémentaire d’assainissement.
Le Pacte présidentiel vise, à l’horizon 2035, au moins 60 % d’accès à l’eau potable, 50 % à l’assainissement et à l’hygiène et 80 % de couverture appropriée dans les écoles et établissements de santé.
Le contraste est d’autant plus marqué que le pays dispose d’une ressource hydrique considérable. Lors d’un briefing le 7 juillet 2026, la ministre de l’Environnement, Marie Nyange Ndambo, avait affirmé que la RDC concentrait plus de 50 % des réserves d’eau douce d’Afrique. « Avec l’eau, vous pouvez réaliser toute une économie », avait-elle déclaré en présentant le projet d’Office congolais de l’eau.
L’abondance physique ne règle cependant ni le traitement, ni le stockage, ni le transport, ni la distribution jusqu’aux ménages, nuance un expert du secteur.
Le coût total des investissements nécessaires pour atteindre les objectifs du Pacte est estimé à 20 milliards USD à l’horizon 2035.
Cette équation rapproche l’eau d’une autre faiblesse structurelle de l’économie congolaise : disposer d’un potentiel naturel considérable ne produit un service économique qu’après investissement dans les infrastructures, les réseaux, leur maintenance et des opérateurs financièrement viables.
Le Compact énergétique illustre la même contrainte. La RDC veut faire passer l’accès à l’électricité de 21,5 % à 62 % d’ici 2030, avec environ 37 milliards USD d’investissements à mobiliser, dont 20 milliards auprès du secteur privé.
Le programme prévoit notamment la réhabilitation et l’extension de la production, du transport et de la distribution, ainsi que le développement des énergies renouvelables décentralisées.
Pour la REGIDESO, l’accélération demandée passe aussi par l’assainissement de sa relation financière avec l’État.
Les ministres du Budget et des Finances devront établir l’état actualisé de ses créances publiques, proposer un calendrier ferme d’apurement des arriérés et mettre en place un mécanisme empêchant leur reconstitution.
La cible de 60 % en 2035 se jouera ainsi moins sur la disponibilité physique de l’eau que sur la capacité à convertir les financements et les projets en infrastructures fonctionnelles et en mètres cubes effectivement distribués.
DecryptEco | RDC & Afrique
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