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Réforme du petit commerce et du commerce de détail : le gouvernement géolocalise 2 689 opérateurs de 67 nationalités à Kinshasa

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  • Le gouvernement a identifié et géolocalisé 2 689 opérateurs économiques représentant 67 nationalités à Kinshasa, dans le cadre de la réforme du petit commerce et du commerce de détail. La phase actuelle reste centrée sur l’information et la régularisation jusqu’au 30 septembre 2026.

  • Après cette échéance, les services compétents pourront passer aux contrôles et aux mesures coercitives prévues par les textes. La capacité à informer clairement les opérateurs et à simplifier leur mise en conformité pèsera toutefois sur l’efficacité économique de la réforme.

Le gouvernement congolais entre dans une phase décisive de sa réforme du petit commerce et du commerce de détail. À Kinshasa, 2 689 opérateurs économiques représentant 67 nationalités ont déjà été identifiés et géolocalisés, a indiqué le Vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale, Mukoko Samba, lors de la 98e réunion ordinaire du Conseil des ministres, tenue le 11 septembre 2026.

Pour l’instant, l’exécutif privilégie la communication plutôt que la sanction. La démarche repose sur trois instruments : l’identification des opérateurs concernés, une plateforme numérique consacrée à l’Avis de Non-Objection (ANO) et l’appui de la Police nationale congolaise aux opérations de terrain.

Cette séquence doit s’intensifier jusqu’au 30 septembre auprès des commerçants, des organisations professionnelles, des communautés étrangères et des représentations diplomatiques.

L’objectif affiché est de donner aux acteurs concernés une période effective pour comprendre leurs obligations et régulariser leur situation avant le début des contrôles.

La réforme distingue désormais plus clairement les différents niveaux du commerce intérieur.

Le ministère de l’Économie précise que le petit commerce est réservé aux Congolais, tandis que le commerce de détail est prioritairement national.

Des opérateurs étrangers peuvent toutefois exercer dans dix secteurs déterminés, sous conditions et après obtention d’un ANO. Le commerce de gros reste, lui, ouvert aux opérateurs nationaux et étrangers.

La géolocalisation des 2 689 opérateurs donne ainsi à l’administration une première base opérationnelle pour cibler la sensibilisation puis les contrôles.

Le compte rendu ne précise toutefois ni leur répartition par nationalité, ni leurs secteurs d’activité, ni combien sont déjà en conformité.

Le chiffre mesure donc l’ampleur du travail d’identification, mais pas encore le nombre d’infractions.

Sur le plan économique, une application durable peut améliorer la traçabilité des activités commerciales, réduire certaines pratiques de concurrence irrégulière et clarifier les frontières entre grossistes, détaillants et petit commerce.

Elle peut également faciliter le suivi administratif d’un secteur où une partie importante des transactions échappe encore aux circuits formels.

Mais la contrainte ne suffit pas à elle seule. Les travaux de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur la formalisation des entreprises montrent que la mise en conformité fonctionne mieux lorsque les règles sont compréhensibles, les démarches simples et les avantages de la formalité supérieurs aux coûts supportés par les entreprises.

Craig Churchill, responsable de la finance sociale à l’OIT, soulignait en 2025 que des procédures lourdes et l’absence d’incitations peuvent au contraire décourager la formalisation.

C’est ce qui donne à la communication gouvernementale des prochaines semaines une portée économique concrète. À partir du 30 septembre, l’administration prévoit de passer de l’accompagnement au contrôle et, si nécessaire, aux sanctions.

La réforme aura alors moins à démontrer sa capacité à recenser les opérateurs qu’à appliquer les mêmes règles de manière lisible, prévisible et équitable.

DecryptEco | RDC & Afrique

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