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L’ARSP affirme avoir enregistré environ 7 000 entreprises supplémentaires en 2026, soit autant que le cumul réalisé depuis la création de l’institution.
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Derrière cette progression se pose désormais une question économique : comment convertir l’enregistrement des sous-traitants en accès réel aux marchés pour les PME congolaises.
Le marché congolais de la sous-traitance élargit rapidement sa base formelle. Environ 7 000 nouveaux enregistrements d’entreprises auraient été réalisés depuis le début de l’année 2026, soit un volume équivalent à celui accumulé depuis la création de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP).
Ces chiffres ont été avancés, le vendredi 11 septembre 2026 à Kinshasa, par le Directeur général de l’ARSP, Ted Beleshayi, au cours d’une matinée d’échanges avec la Fédération des entreprises du Congo (FEC).
« Depuis que l’ARSP a été créée, il y avait 7 000 enregistrements. Seulement pour cette année, il y en a eu 7 000 autres », a-t-il indiqué, précisant qu’environ 5 000 auraient été enregistrés depuis son entrée en fonction.
Cette accélération traduit d’abord une extension de la formalisation. En effet, la dématérialisation de l’enregistrement réduit certaines démarches administratives et permet au régulateur de disposer d’une base plus large d’entreprises intervenant ou souhaitant intervenir dans la sous-traitance.
Mais le nombre d’entreprises inscrites ne renseigne pas encore sur leur poids économique.
Pour les observateurs du secteur, une PME peut être enregistrée sans obtenir de contrat, rester faiblement capitalisée ou ne pas disposer des capacités techniques nécessaires pour répondre aux commandes des grandes entreprises.
Ils estiment par ailleurs que l’enjeu économique se déplace donc de la formalisation vers l’accès effectif aux marchés. C’est dans cette optique, poursuivent-ils, que la collaboration entre la FEC et l’ARSP prend tout son sens.
La FEC représente notamment des entreprises principales susceptibles de générer des contrats de sous-traitance. L’ARSP, de son côté, contrôle l’application de la réglementation et veut renforcer la présence des entreprises congolaises dans les chaînes de valeur.
Pour des experts du développement des PME, une articulation efficace entre ces deux acteurs peut produire plusieurs effets : rendre les critères de contrôle plus prévisibles, faciliter l’identification des sous-traitants conformes et réduire les incertitudes juridiques qui peuvent freiner l’attribution des marchés.
L’intérêt est également de distinguer les entreprises congolaises disposant d’une activité réelle des structures constituées uniquement pour satisfaire formellement aux exigences réglementaires.
L’ARSP annonce d’ailleurs une campagne nationale contre les pratiques de prête-nom, les gérants fictifs et les montages destinés à contourner la loi.
Parallèlement, elle prévoit également la télédéclaration des activités de sous-traitance et a déjà mis en place un mécanisme de gestion des plaintes.
Pour le tissu entrepreneurial congolais, la prochaine étape est donc plus exigeante que l’enregistrement.
Si les milliers d’entreprises nouvellement formalisées accèdent progressivement aux commandes des mines, des télécommunications, de l’énergie, du BTP, du transport ou de l’industrie, la sous-traitance peut créer un effet d’entraînement : hausse du chiffre d’affaires des PME, investissements supplémentaires, emplois et consolidation de fournisseurs locaux.
À l’inverse, une forte progression des inscriptions sans élargissement des marchés laisserait intacte la principale faiblesse du dispositif.
Le chiffre des 7 000 nouveaux enregistrements constitue ainsi moins un aboutissement qu’un point de départ. La prochaine mesure de performance, prévienne les experts, sera la part de ces entreprises capables de décrocher des contrats, de grandir et de s’installer durablement dans les chaînes de valeur du secteur privé congolais.
DecryptEco
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