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Une simulation publiée par le CIREM de l’Université Protestante au Congo estime qu’un épisode sévère d’Ebola pourrait provoquer une baisse immédiate de 7,2 % du PIB réel, avec des contractions beaucoup plus fortes dans l’économie informelle et l’exploitation minière artisanale.
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Les ménages sans accès à l’épargne et au crédit seraient les plus touchés : leur consommation reculerait de 6,7 %, contre 2,3 % pour les ménages disposant d’actifs financiers.
Une épidémie d’Ebola peut réduire l’activité économique en République démocratique du Congo bien avant que ses effets ne soient visibles dans les statistiques nationales. Une étude publiée en août 2026 dans la série de Working Papers du Centre interuniversitaire de recherche en économie mathématique (CIREM), à l’Université Protestante au Congo, tente d’en mesurer l’ampleur à partir d’un modèle macroéconomique adapté à la structure de l’économie congolaise.
Le travail, signé par l’économiste Jean-Paul K. Tsasa, examine les 17 épisodes d’Ebola recensés en RDC entre 1976 et 2026 puis construit un modèle d’équilibre général dynamique stochastique (DSGE) distinguant ménages disposant de possibilités d’épargne et de placement, et ménages vivant essentiellement de leur revenu courant, activités formelles et informelles, ainsi que mines industrielles et artisanales.
Dans le scénario simulant un épisode sévère, la production informelle hors mines chute de 17,5 % dès la première période. La production minière artisanale diminue de 22,4 %, tandis que le PIB réel recule de 7,2 %. Le salaire dans le secteur informel baisse parallèlement de 13,8 %.
Les pertes sont réparties de manière très inégale. La consommation des ménages dits non ricardiens, ceux qui ne disposent pas d’instruments d’épargne ou d’emprunt leur permettant d’absorber une baisse temporaire de revenu, diminue de 6,7 %. Celle des ménages ayant accès aux marchés financiers recule de 2,3 %. L’écart est proche de trois pour un.
Les finances publiques peuvent accentuer cette pression. Dans la simulation, l’augmentation des dépenses sanitaires d’urgence réduit de 29,8 % les transferts publics disponibles pour les ménages financièrement contraints. Le résultat dépend notamment de la part des dépenses d’urgence couverte par des financements extérieurs.
L’étude montre également que les pertes peuvent durer après le ralentissement de la transmission du virus. La capacité du système de santé se rétablit plus lentement, ce qui maintient une partie de la contraction économique pendant plusieurs années.
Ces résultats prennent une importance particulière alors que la RDC connaît en 2026 sa plus importante épidémie d’Ebola enregistrée. Au 19 août, 5 290 cas confirmés et 2 516 décès avaient été rapportés dans le pays.
Le papier ne présente toutefois pas ses résultats comme une estimation des pertes effectivement subies en 2026. L’auteur utilise le modèle pour simuler les mécanismes de transmission d’un choc sévère. Les données provinciales disponibles ne permettent pas d’identifier causalement l’effet moyen des 17 épidémies étudiées.
Le message pour la politique économique est plus précis : maintenir les transferts vers les ménages à faibles revenus, préserver les soins de santé ordinaires pendant l’épidémie et éviter l’interruption des circuits de production, de transport et de commercialisation dans les zones minières.
DecryptEco
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