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FRIVAO : 120 millions USD engagés pour les réparations collectives dans quatre provinces de la RDC

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  • L’Ituri, la Tshopo, le Haut-Uélé et le Bas-Uélé recevront chacune 30 millions USD.

  • Ces réparations arrivent alors que la RDC estime avoir perdu jusqu’à 85 % de ses appuis humanitaires extérieurs habituels.

La République démocratique du Congo engage 120 millions USD dans une première phase de réparations collectives en faveur des communautés affectées par les activités illicites de l’Ouganda.

Dans un communiqué publié mercredi 9 septembre 2026, le ministère de la Justice indique que les opérations seront conduites par le Fonds spécial de répartition de l’indemnisation aux victimes, FRIVAO.

L’Ituri, la Tshopo, le Haut-Uélé et le Bas-Uélé disposeront chacune de 30 millions USD. Les fonds financeront notamment la santé, l’éducation, l’accès à l’eau potable, le relèvement économique, la mémoire et la résilience communautaire.

Cette opération, explique la source, découle de l’arrêt rendu le 9 février 2022 par la Cour internationale de Justice.

La CIJ avait fixé à 325 millions USD les réparations dues par l’Ouganda à la RDC. Le ministère de la Justice fait état de 260 millions USD déjà versés. Les 120 millions désormais affectés aux projets collectifs représentent donc environ 46 % des sommes reçues.

« La réparation est un devoir de justice et une responsabilité de l’État », a déclaré Guillaume Ngefa Atondoko Andali.

Les indemnisations individuelles sont prévues dans une seconde phase, après l’audit, la vérification et la validation des fichiers des victimes.

Une pression humanitaire fortement sous-financée

Le lancement intervient dans une équation financière plus large. Pour 2026, la RDC et ses partenaires avaient évalué les besoins humanitaires à 1,4 milliard USD pour assister en priorité 7,3 millions de personnes, sur près de 15 millions nécessitant une aide.

D’après le gouvernement congolais, les États-Unis représentaient environ 70 % des financements humanitaires de la RDC et le Royaume-Uni 15 %. Entre l’arrêt de l’appui américain et la réduction britannique, l’exécutif estime que 85 % des ressources habituelles ont disparu, laissant environ 15 % de ce socle traditionnel.

En juin, le gouvernement faisait état d’environ 417 millions USD mobilisés auprès des partenaires et logés auprès d’OCHA. Rapporté aux 1,4 milliard USD recherchés, ce montant ne représente qu’environ 30 % des besoins, laissant un écart théorique proche de 983 millions USD.

Cette contraction a accéléré la mise en place de la Campagne permanente de solidarité nationale. Lancée fin août, elle repose sur les contributions volontaires des citoyens, entreprises, institutions et de la diaspora.

Elle cible plus de 15 millions de personnes vulnérables, dont des déplacés, sinistrés, personnes âgées, enfants en situation de rue et autres ménages en grande précarité.

Le gouvernement attribue environ 60 % des situations de vulnérabilité aux conflits, 25 % aux crises sanitaires et 15 % aux catastrophes et aléas climatiques.

Le tableau reste lourd sur le terrain. Le HCR comptabilisait plus de 5,3 millions de déplacés internes en RDC à fin 2025, tandis que les nouveaux déplacements se poursuivent en 2026 sous l’effet des violences dans l’Est.

Pour des experts en financement humanitaire et politiques sociales, ces chiffres mettent surtout en présence deux circuits distincts : les 120 millions USD du FRIVAO sont juridiquement affectés aux réparations des communautés concernées, tandis que la campagne de solidarité tente de reconstruire une capacité nationale de réponse face à un financement humanitaire extérieur devenu beaucoup plus étroit.

DecryptEco

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