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RDC : le projet de budget 2027 estimé à 24,8 milliards USD, en hausse de 22 %

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  • Le Gouvernement congolais travaille sur une enveloppe budgétaire estimée à 24,8 milliards USD pour 2027, avant son examen en Conseil des ministres puis son dépôt au Parlement.

  • Par rapport aux 20,3 milliards USD inscrits au budget 2026, l’enveloppe progresserait d’environ 4,5 milliards USD, soit 22,2 %, avec la sécurité, l’éducation, les infrastructures, la santé et les urgences humanitaires parmi les priorités annoncées.

La République démocratique du Congo prépare un projet de budget de l’ordre de 24,8 milliards USD pour l’exercice 2027. La Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présidé, jeudi 10 septembre à Kinshasa, une réunion consacrée aux derniers arbitrages avant l’examen du texte en Conseil des ministres. Le montant reste à ce stade une estimation : il pourra encore évoluer avant son adoption par le Gouvernement et son examen par le Parlement.

À 24,8 milliards USD, le projet augmenterait de 4,5 milliards USD par rapport aux 20,3 milliards prévus pour 2026, soit une progression d’environ 22,2 %. Le budget 2026 avait été établi à 59 020,5 milliards de francs congolais, en hausse de 16,4 % par rapport au budget rectificatif 2025 de 50 691,8 milliards de francs. Si l’enveloppe actuellement envisagée pour 2027 est maintenue, elle constituerait ainsi un nouveau sommet nominal pour les finances publiques congolaises.

Les arbitrages annoncés donnent la priorité à la sécurité, à l’éducation, aux infrastructures, à la couverture santé universelle et à la réponse aux urgences humanitaires. Le Gouvernement prévoit également de poursuivre la gratuité de l’enseignement de base, avec la perspective de l’étendre aux 7ᵉ et 8ᵉ années. Cette orientation prolonge les travaux déjà engagés en 2026 sur l’extension progressive de la gratuité au secondaire et sur son financement. Le ministère du Budget avait notamment indiqué en avril que cette extension supposait de dégager de nouvelles marges budgétaires et d’améliorer parallèlement la gestion des charges du secteur éducatif.

Financer cette augmentation du budget nécessitera surtout une progression des recettes intérieures. Le Gouvernement mise sur les réformes fiscales et financières, la digitalisation des administrations, l’élargissement de l’assiette fiscale et une meilleure maîtrise des recettes. Le FMI estime que les recettes et dons de l’administration centrale pourraient représenter 15,1 % du PIB en 2027, contre 14,9 % projetés en 2026, tandis que les dépenses atteindraient 17,5 % du PIB.

Cette hausse des ressources intervient cependant dans un environnement budgétaire contraint. En juin, le FMI relevait que les dépenses liées à la situation sécuritaire dans l’Est continuaient de peser sur les finances publiques malgré une bonne tenue des recettes. L’institution recommandait de poursuivre la mobilisation des ressources domestiques, les réformes de gestion des finances publiques et la discipline budgétaire afin de préserver l’espace nécessaire aux investissements et aux dépenses sociales prioritaires.

La réunion du 10 septembre a également porté sur le projet de loi de reddition des comptes de l’exercice 2025 et les ajustements relatifs à l’exercice 2026. Le passage en Conseil des ministres constituera la prochaine étape avant la transmission du projet de loi de finances 2027 au Parlement. Le ministère du Budget a déjà publié la lettre d’orientation budgétaire, les termes de référence des conférences budgétaires, la circulaire d’élaboration et le calendrier correspondant.

Les données décisives seront désormais la composition précise des 24,8 milliards USD, la part financée par les recettes propres, les ressources extérieures et l’endettement, ainsi que les crédits effectivement réservés à la défense, à l’éducation, à la santé et aux infrastructures. L’exécution de ces crédits, et pas seulement leur inscription dans la loi de finances, permettra ensuite de mesurer l’effet réel de cette nouvelle progression budgétaire.

DecryptEco

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