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UEMOA : l’Union renoue avec un excédent commercial pour la première fois depuis 2011

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  • L’UEMOA a dégagé en 2025 un excédent commercial de 6 318,2 milliards de FCFA, après un déficit de 171 milliards un an plus tôt. Un retour dans le vert inédit depuis 2011.

  • Cette amélioration repose sur une forte progression des exportations, notamment d’or, de pétrole et de cacao. Elle reste toutefois à nuancer : la balance des services demeure lourdement déficitaire.

L’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) retrouve une position qu’elle n’avait plus connue depuis plus d’une décennie. En 2025, ses échanges de marchandises ont dégagé un excédent commercial de 6 318,2 milliards de FCFA, contre un déficit de 171 milliards en 2024, selon les données de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

Ce retournement représente une amélioration du solde commercial de près de 6 490 milliards de FCFA en une année.

Le mouvement tient surtout à l’accélération des exportations. Celles-ci ont atteint 33 177,7 milliards de FCFA en 2025, contre 23 944,9 milliards en 2024, soit une progression de 38,6 %. Dans le même temps, les importations ont augmenté plus modérément, de 11,4 %, pour atteindre 26 859,5 milliards de FCFA.

Les matières premières changent la donne

Cette performance porte largement l’empreinte des matières premières. Les exportations d’or ont atteint 12 050,8 milliards de FCFA, celles de cacao 7 031,2 milliards et celles de pétrole 4 406,3 milliards.

La montée en puissance des hydrocarbures a particulièrement pesé. Selon la BCEAO, l’amélioration des comptes extérieurs a bénéficié de l’entrée en pleine production des unités pétrolières au Niger et au Sénégal, du démarrage des exportations de gaz naturel liquéfié sénégalais ainsi que de l’accroissement des capacités en Côte d’Ivoire.

Pour l’UEMOA, ce retour à l’excédent constitue un signal important. Une économie qui exporte davantage qu’elle n’importe génère davantage de recettes en devises, ce qui contribue à consolider sa position extérieure et à réduire une partie de ses besoins de financement.

La BCEAO estime d’ailleurs que le déficit du compte courant de l’Union s’est réduit à 2 % du PIB en 2025, contre 5,7 % en 2024. Le solde global de la balance des paiements est, lui, ressorti excédentaire de 7 027,6 milliards de FCFA.

Un excédent qui ne règle pas tout

L’embellie mérite toutefois d’être lue avec prudence. Les données de l’institution renseigne que la balance des services reste déficitaire de 7 512,8 milliards de FCFA. Les dépenses liées notamment au fret et aux assurances continuent donc d’absorber une part importante des recettes générées par les exportations de marchandises.

Surtout, le retour à l’excédent repose encore fortement sur l’or, le pétrole, le gaz et le cacao. La véritable consolidation viendra de la capacité des économies de l’UEMOA à transformer davantage leurs matières premières localement, développer leurs chaînes de valeur industrielles et réduire certaines dépendances aux importations.

Après quatorze années sans excédent commercial, le chiffre de 2025 marque donc un tournant. Mais pour devenir structurel, ce basculement devra dépasser la seule bonne tenue des matières premières, estiment les observateurs.

DecryptEco

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