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Mobilisation des recettes en RDC : le taux de change n’explique pas à lui seul les écarts, selon Man David Kiala T’Sinda et Jean-Pierre Khonde Mabiala

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  • Une étude couvrant la période de janvier 2022 à décembre 2024 montre que les fluctuations du taux de change n’exercent pas d’effet structurel significatif sur l’écart de mobilisation des recettes publiques en RDC.

  • Pour Man David Kiala T’Sinda et Jean-Pierre Khonde Mabiala, les facteurs structurels, notamment les dépenses publiques, l’efficacité des administrations financières et les variations des cours mondiaux du cuivre, jouent un rôle plus déterminant.

En République démocratique du Congo, les variations du taux de change ne suffisent pas à expliquer les écarts enregistrés dans la mobilisation des recettes publiques. C’est ce que Man David Kiala T’Sinda et Jean-Pierre Khonde Mabiala ont mis en lumière dans une étude intitulée « Effets asymétriques des fluctuations du taux de change sur l’écart de mobilisation des recettes publiques en RDC : une analyse par le modèle NARDL ».

L’analyse, publiée également dans un journal américain couvre la période allant de janvier 2022 à décembre 2024. Elle s’appuie sur le modèle NARDL, une méthode économétrique permettant d’examiner séparément les effets d’une appréciation et ceux d’une dépréciation du taux de change, aussi bien à court qu’à long terme.

Les résultats montrent que les chocs positifs comme négatifs du taux de change n’entraînent pas d’effet structurel significatif sur l’écart de mobilisation des recettes publiques. En clair, les mouvements du franc congolais peuvent perturber temporairement le niveau des recettes effectivement collectées par rapport aux prévisions, mais ces effets tendent à se résorber progressivement.

À court terme, l’étude observe ainsi certaines perturbations liées aux mouvements du marché de change. Celles-ci sont toutefois progressivement absorbées par les mécanismes d’ajustement de l’économie.

Appréciation ou dépréciation, des effets proches

Les deux chercheurs ont également cherché à savoir si une dépréciation du franc congolais produit des effets différents de ceux observés lors d’une appréciation.

Les tests statistiques réalisés ne permettent pas de conclure à une différence significative entre les deux situations.

Les appréciations et les dépréciations du taux de change produisent donc, en moyenne, des effets statistiquement comparables sur l’écart de mobilisation des recettes, aussi bien à court qu’à long terme.

Cette observation réduit le poids explicatif du taux de change dans les difficultés de mobilisation des ressources publiques.

Les facteurs structurels au premier plan

L’étude met davantage en évidence l’influence de facteurs structurels. Le niveau des dépenses publiques figure notamment parmi les variables qui contribuent à expliquer l’évolution des écarts observés. Les fluctuations des cours mondiaux du cuivre apparaissent également importantes, compte tenu du poids du secteur minier dans l’économie congolaise et dans les recettes de l’État.

Pour Man David Kiala T’Sinda et Jean-Pierre Khonde Mabiala, l’amélioration durable de la mobilisation des recettes passe donc moins par la seule stabilisation du taux de change que par le renforcement des capacités des administrations financières.

Les auteurs préconisent également une meilleure rationalisation de la dépense publique, la réduction des exonérations peu efficaces et une captation plus importante des revenus provenant du secteur minier.

Dans une économie fortement dollarisée et dépendante des matières premières, leurs travaux déplacent ainsi le débat vers la qualité des institutions fiscales et financières.

La stabilité du taux de change reste importante pour l’environnement macroéconomique. Mais, selon cette analyse, l’amélioration durable des recettes publiques dépend surtout de la capacité de l’État à renforcer ses administrations, à mieux encadrer les dépenses et à tirer davantage de revenus de son potentiel minier.

DecryptEco

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