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À Durban, la RDC a présenté ses minerais critiques, son potentiel énergétique, ses terres agricoles et ses corridors comme les bases d’une offre économique capable de mieux s’insérer dans les chaînes de valeur de la SADC.
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L’objectif est de sortir progressivement d’un modèle centré sur l’extraction et l’exportation de matières premières brutes, afin de transformer davantage localement, attirer les investissements et élargir les recettes publiques.
La République démocratique du Congo veut mieux valoriser ce qu’elle possède avant de l’exporter. C’est l’un des principaux axes défendus, le lundi 17 août 2026, au 46ᵉ Sommet de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), tenu à Durban, en Afrique du Sud.
Représentant Félix Tshisekedi, le Vice-Premier ministre de la Défense, Guy Kabombo Muadiamvita, a présenté une vision qui place le cuivre, le cobalt, le lithium, l’eau, les terres agricoles et les capacités énergétiques congolaises au cœur d’une stratégie régionale de transformation.
Kinshasa cherche ainsi à faire évoluer la place de ces ressources dans l’économie : au-delà de leur exportation, elles pourraient davantage alimenter des industries, soutenir l’emploi et générer de nouvelles sources de revenus à l’intérieur de la région.
Transformer davantage avant d’exporter
Cette orientation intervient dans un espace économique encore faiblement intégré.
En 2023, les échanges de marchandises de la SADC représentaient environ 343 milliards USD, dont seulement 79 milliards USD réalisés entre les États membres. Le commerce intra-régional représentait ainsi près de 23 % du total.
La région comptait parallèlement environ 382 millions d’habitants et un PIB proche de 847 milliards USD.
Ces chiffres traduisent une réalité persistante : malgré l’abondance des ressources, une part importante de l’activité économique de la région reste tournée vers les marchés extérieurs.
Minerais et produits agricoles quittent encore souvent les pays producteurs avec une transformation limitée. Une partie de la valeur ajoutée est ensuite créée ailleurs, avant que certains produits finis ne reviennent sur les marchés africains à des prix plus élevés.
La position congolaise défendue à Durban vise précisément à réduire cette fracture.
Transformer davantage de cuivre, de cobalt ou de lithium sur place permettrait de développer des activités autour des équipements électriques, des batteries et d’autres produits intermédiaires.
Dans l’agriculture, la même logique pourrait favoriser l’essor d’unités de transformation capables de conserver une plus grande part de la valeur sur le continent.
Le discours congolais accorde également une place importante aux corridors régionaux. Ceux-ci seraient appelés à dépasser leur fonction traditionnelle de voies d’évacuation des matières premières vers les ports pour relier davantage les bassins de production, les usines et les marchés régionaux.
Une telle ambition nécessite toutefois des investissements importants dans l’électricité, les routes, le rail, la logistique et le financement industriel.
La SADC entend, dans cette perspective, accélérer le développement de ses chaînes de valeur et l’opérationnalisation de son Fonds régional de développement, destiné à mobiliser des ressources publiques et privées.
À Durban, la RDC a donc défendu une intégration régionale davantage fondée sur la production et la transformation.
Une évolution qui pourrait permettre aux économies de la SADC de conserver une part plus importante de la richesse générée par leurs minerais, leurs terres agricoles et leur potentiel énergétique.
DecryptEco
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