Le Ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a présidé, le 30 avril 2026, la présentation du diagnostic sur le financement des risques de catastrophes, organisée en collaboration avec la Banque mondiale.
Ce rapport met en lumière l’exposition croissante de la République démocratique du Congo aux chocs naturels, notamment les inondations et glissements de terrain, ainsi que les limites du dispositif actuel de réponse budgétaire. Il souligne surtout la nécessité d’anticiper ces risques à travers des mécanismes de financement pré-arrangés, capables de mobiliser rapidement des ressources en cas de crise.
Dans cette perspective, les autorités entendent structurer une approche plus proactive. L’objectif est de passer d’une logique de réaction, souvent marquée par des tensions de trésorerie, à une logique de prévention financière. Cette orientation s’inscrit dans la vision portée par le Président Félix Tshisekedi, centrée sur la protection des populations et le renforcement de la résilience de l’État.
La cérémonie a réuni plusieurs figures institutionnelles, dont le Vice-Premier Ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, le Gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba, ainsi que des représentants de la Présidence.
Sur le fond, le diagnostic présenté ouvre la voie à des instruments financiers spécifiques, tels que les fonds de réserve dédiés, les assurances souveraines ou encore les lignes de crédit d’urgence. Ces outils, déjà utilisés dans plusieurs économies exposées aux risques climatiques, permettent de sécuriser une capacité d’intervention rapide sans déséquilibrer les finances publiques.
Pour les spécialistes des finances publiques, l’enjeu est d’abord budgétaire. En l’absence de mécanismes anticipés, les catastrophes entraînent des dépenses imprévues qui accentuent les déficits et désorganisent l’exécution budgétaire. À l’inverse, des dispositifs pré-arrangés permettent de lisser l’impact financier dans le temps et d’améliorer la crédibilité de l’État face aux partenaires techniques et financiers.
Ensuite, la question est aussi assurantielle. Le recours à des instruments comme les assurances paramétriques ou les pools régionaux de couverture des risques peut réduire significativement le coût des catastrophes pour les finances publiques. Toutefois, leur efficacité repose sur la qualité des données, la cartographie des risques et la capacité institutionnelle à activer ces mécanismes.
Les experts indiquent cependant que la mise en place du financement des risques de catastrophes ne peut être dissociée d’une stratégie plus large d’aménagement du territoire et d’investissement dans les infrastructures résilientes. Sans cela, le financement ne ferait que compenser des pertes récurrentes, sans en réduire la fréquence ni l’intensité.
DecryptEco
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