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Cyril Ramaphosa a officiellement pris, lundi 17 août 2026 à Durban, la présidence de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Le président sud-africain a reçu la présidence des mains de son homologue zimbabwéen, Emmerson Mnangagwa, lors du 46ᵉ Sommet des chefs d’État et de gouvernement.
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Son mandat s’ouvre dans une région confrontée à plusieurs fronts : persistance de la crise dans l’Est de la RDC, fortes tensions dans l’espace Rwanda-Burundi, poussées xénophobes en Afrique du Sud et nécessité de transformer davantage les minerais stratégiques produits par les États membres.
Cyril Ramaphosa prend les commandes d’une SADC où sécurité et économie deviennent difficiles à séparer. Élu président de l’organisation pour le mandat 2026-2027, le dirigeant sud-africain a promis de renforcer l’intégration économique, le commerce et les investissements, tout en maintenant la paix et la stabilité parmi les priorités de son mandat. L’Afrique du Sud exerçait déjà la présidence par intérim depuis novembre 2025.
Le premier dossier sensible reste la RDC. Dans son communiqué final, le Sommet a renouvelé sa solidarité avec Kinshasa et son soutien aux efforts régionaux et internationaux destinés à restaurer la paix.
La question reste délicate. Malgré les processus diplomatiques engagés entre Kinshasa et Kigali, les combats et les désaccords sur l’application des engagements sécuritaires ont persisté en 2026. La tension touche également les relations entre Rwanda et Burundi.
Ces deux pays ne sont pas membres de la SADC, mais leur proximité avec l’Est congolais fait de leur différend un risque régional. Bujumbura a engagé des forces aux côtés de Kinshasa et ses relations avec Kigali restent tendues.
Ramaphosa hérite ici d’un dossier où la SADC a déjà payé un prix militaire. Le bloc avait mis fin en 2025 au mandat de sa force déployée dans l’Est de la RDC, composée notamment de soldats sud-africains, tanzaniens et malawites.
L’autre défi est à l’intérieur
La présidence sud-africaine devra aussi gérer une contradiction plus domestique : la xénophobie.
En juin, plusieurs attaques contre des ressortissants africains ont poussé Ramaphosa à annoncer une action contre les groupes responsables.
Le Malawi et le Mozambique figuraient parmi les pays dont les ressortissants avaient été touchés.
Pour les économistes, cette tension peut fragiliser l’intégration recherchée par la SADC. Une région qui veut faciliter les échanges de marchandises, les investissements et les chaînes de valeur doit aussi trouver un cadre plus lisible pour la mobilité des personnes.
Le poids économique est considérable. La SADC compte 16 États membres et son PIB cumulé atteignait environ 845,8 milliards USD en 2024. L’Afrique du Sud en représentait 46,1 %, devant l’Angola à 15,1 % et la Tanzanie à 11 %. La RDC pesait 6,9 %.
La présidence Ramaphosa veut justement accélérer la transformation agricole, les infrastructures et la valorisation locale des minerais critiques.
La SADC estime disposer de près de 30 % des réserves mondiales prouvées de minerais critiques, dont environ la moitié des réserves de cobalt.
Pour Cyril Ramaphosa, le test sera donc double : réduire les fractures politiques qui divisent la région et transformer sa puissance minérale en puissance industrielle.
DecryptEco
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