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Les pertes économiques causées par la cybercriminalité en Afrique sont estimées à 5 milliards USD en 2025, dans un environnement marqué par la multiplication des fraudes numériques.
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L’essor des paiements mobiles, des services financiers en ligne et des plateformes administratives élargit les possibilités économiques du continent, mais augmente aussi les points d’entrée accessibles aux cybercriminels.
La cybercriminalité prend une dimension économique de plus en plus préoccupante en Afrique. Les pertes subies par les particuliers, les entreprises et les institutions publiques sont estimées à 5 milliards USD en 2025. C’est ce qui ressort du dernier rapport d’INTERPOL, consacré aux tendances de la cybercriminalité sur le continent, publié le 3 août 2026.
Ce montant ne correspond pas uniquement aux sommes directement volées sur des comptes bancaires.
Il peut également intégrer les coûts liés à l’interruption des activités, à la récupération des données, au renforcement des systèmes informatiques et à la perte de confiance des clients.
Les escroqueries en ligne restent parmi les menaces les plus fréquentes. Elles commencent souvent par un message frauduleux, un faux lien ou le vol d’un mot de passe. Une fois les identifiants récupérés, les criminels peuvent accéder à des comptes bancaires, à des portefeuilles électroniques ou à des messageries professionnelles.
La compromission des courriels d’entreprise, connue sous le nom de Business Email Compromise, ou BEC, représente un risque particulier pour les sociétés. Le fraudeur infiltre ou imite l’adresse électronique d’un dirigeant, d’un fournisseur ou d’un responsable financier, puis demande le versement d’une facture sur un compte contrôlé par son réseau.
Les pertes financières déclarées liées aux cyberattaques sont passées de 192 millions USD en 2024 à 484 millions USD en 2025, soit une hausse de 152 % en un an.
Le nombre de victimes identifiées a, pour sa part, progressé de 35 000 à 87 000. Le BEC a représenté 21 % des attaques liées à une compromission d’identité recensées en 2025.
Ces 484 millions USD constituent les pertes déclarées dans les 36 pays africains ayant participé à l’enquête d’INTERPOL. L’estimation globale de 5 milliards USD cherche, elle, à mesurer plus largement les dommages économiques directs causés par le phénomène sur le continent.
La différence entre les deux chiffres montre les difficultés rencontrées pour établir une comptabilité complète de la cybercriminalité, de nombreux incidents n’étant pas déclarés.
INTERPOL classe les escroqueries en ligne, les rançongiciels, la compromission des courriels professionnels et la sextorsion numérique parmi les principales menaces observées en Afrique. Dans certains pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique australe, les infractions numériques représentent déjà plus de 30 % des crimes enregistrés.
L’intelligence artificielle renforce désormais cette menace. Elle permet de produire rapidement de faux messages, de reproduire une voix ou un visage et de personnaliser les tentatives d’escroquerie dans plusieurs langues.
Les deepfakes et les contenus synthétiques sont notamment utilisés dans des opérations de manipulation, de harcèlement et de sextorsion.
Cette progression intervient alors que l’Afrique compte plus de 1,1 milliard d’abonnements mobiles et a enregistré plus de 1 100 milliards USD de transactions numériques en 2025. Plus de 570 millions d’internautes utilisent désormais des plateformes numériques pour accéder aux services financiers, administratifs, sanitaires ou éducatifs.
Malgré 15,3 milliards USD de dépenses consacrées à la cybersécurité en Afrique en 2025, INTERPOL estime que les capacités de défense ne progressent pas au même rythme que les menaces.
Pour les entreprises comme pour les États, la protection des données, des moyens de paiement et des services publics numériques devient ainsi une condition essentielle de la croissance de l’économie numérique africaine.
DecryptEco
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