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Un vol spécial affrété par le gouvernement congolais a ramené à Kinshasa 121 ressortissants de la RDC après les violences xénophobes des 5 et 6 mai en Afrique du Sud. L’opération a été organisée sur une première liste de 260 dossiers examinés par les services compétents.
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Ce rapatriement intervient dans une séquence régionale plus large : plus de 53 000 migrants africains ont été expulsés ou rapatriés d’Afrique du Sud en l’espace d’un mois, tandis que plusieurs États ont organisé le retour de leurs ressortissants.
Cent vingt-et-un Congolais, parmi lesquels des femmes et des enfants, ont regagné Kinshasa vendredi 17 juillet à bord d’un vol spécial d’Air Congo affrété par le gouvernement. Leur retour fait suite aux violences à caractère xénophobe survenues les 5 et 6 mai en Afrique du Sud et ayant touché plusieurs communautés étrangères.
Selon le ministère congolais des Affaires étrangères, 260 demandes de rapatriement avaient été enregistrées. Après vérification individuelle des dossiers, 121 personnes ont été retenues pour ce premier vol, organisé en coordination avec l’ambassade de la RDC à Pretoria, les autorités sud-africaines et une cellule de crise installée à Kinshasa.
L’opération congolaise intervient alors que les départs d’étrangers se multiplient. Les autorités sud-africaines ont annoncé avoir expulsé ou accompagné le retour de plus de 53 000 migrants africains en un mois.
La police a parallèlement procédé à 350 arrestations liées à des violences publiques, des actes d’intimidation et des contrôles illégaux menés par des groupes de civils exigeant des étrangers qu’ils présentent leurs documents.
Le Nigeria a, de son côté, rapatrié 1 490 ressortissants, dont 305 lors du dernier vol organisé depuis Johannesburg. Le Ghana, le Malawi et le Mozambique ont également engagé des opérations de retour après les attaques et les menaces visant leurs communautés.
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a condamné les actions des groupes d’autodéfense et rappelé que les contrôles migratoires relevaient exclusivement des services de l’État. Lors d’une visite à Kinshasa le 2 juillet, il avait assuré que son gouvernement continuerait à protéger la dignité et les droits de toutes les personnes vivant sur le territoire sud-africain.
Cette crise survient cinq mois après une mission économique organisée à Kinshasa par le Fonds de promotion de l’industrie et le ministère sud-africain du Commerce, de l’Industrie et de la Concurrence. Tenue du 2 au 6 février, elle visait à identifier des projets d’investissement et à renforcer la coopération industrielle entre les deux pays.
Les violences n’ont, à ce stade, donné lieu à aucune annonce officielle de retrait d’investissement entre Pretoria et Kinshasa. Leur répétition peut toutefois accroître les coûts de déplacement et de protection du personnel, limiter les activités des commerçants étrangers et peser sur les missions professionnelles reliant les deux marchés. Le traitement des dossiers restants et les garanties apportées aux ressortissants congolais détermineront les prochaines étapes de l’opération de rapatriement.
DecryptEco
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