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RDC : de Bruxelles à Anvers, Kinshasa accélère sa stratégie de transformation locale des minerais critiques

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  • En visite en Belgique, le ministre des Mines Louis Watum Kabamba a multiplié les rencontres avec des acteurs clés des chaînes de valeur du cobalt, du germanium et du diamant, dans un contexte de concurrence mondiale accrue pour les minerais stratégiques.
  • Derrière cette mission se dessine une ambition plus large : faire évoluer la RDC d’exportateur de matières premières vers un acteur industriel capable de capter une plus grande part de la valeur générée par ses ressources minières.

Alors que les minerais critiques sont devenus l’un des piliers de la transition énergétique mondiale et de la révolution numérique, la République démocratique du Congo entend renforcer sa position au sein des chaînes de valeur internationales. C’est dans cette perspective que le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a effectué lundi une série de rencontres stratégiques en Belgique, principal partenaire historique de la RDC dans le secteur minier.

La visite a débuté à Olen, au siège industriel du groupe Umicore, l’un des leaders mondiaux du raffinage et de la transformation des métaux stratégiques. Présent sur plusieurs segments à forte valeur ajoutée, notamment le cobalt et le germanium, le groupe belge joue un rôle important dans les chaînes d’approvisionnement destinées aux batteries électriques, aux semi-conducteurs et aux technologies de pointe.

Pour la RDC, qui assure plus de 70 % de la production mondiale de cobalt et dispose d’importantes réserves de cuivre, de germanium et d’autres minerais critiques, l’intérêt de cette visite dépasse largement le cadre protocolaire. Elle traduit la volonté des autorités congolaises de mieux comprendre les technologies de transformation et de raffinage qui permettent aux pays industrialisés de capter une part substantielle de la valeur créée à partir des ressources extraites en Afrique.

À l’issue de sa visite, Louis Watum Kabamba a salué le niveau d’innovation technologique développé par Umicore ainsi que le partenariat historique entre la RDC et la Belgique. Il a surtout réaffirmé la volonté du gouvernement congolais de promouvoir davantage la création de valeur ajoutée sur le territoire national, un objectif devenu central dans la politique minière du pays.

Cette orientation s’inscrit dans une dynamique mondiale marquée par une forte augmentation de la demande en minerais critiques. Selon plusieurs projections internationales, les besoins en cobalt, cuivre et métaux stratégiques devraient fortement progresser au cours des prochaines décennies sous l’effet de l’électrification des transports, du stockage d’énergie, du développement des centres de données et de l’intelligence artificielle.

La mission ministérielle s’est ensuite poursuivie à Anvers, l’un des principaux centres mondiaux du commerce du diamant. La délégation congolaise a notamment rencontré les responsables de l’Antwerp World Diamond Centre ainsi que ceux du groupe BONAS, société belge spécialisée dans le négoce diamantaire depuis plus d’un siècle et demi.

Les échanges ont porté sur les perspectives de modernisation et de développement de la filière diamantaire congolaise. Bien que la RDC demeure l’un des principaux producteurs mondiaux de diamants bruts, une grande partie de la valeur ajoutée continue d’être captée à l’étranger, notamment dans les activités de tri, de certification, de taille et de commercialisation.

Pour Kinshasa, le défi consiste désormais à reproduire dans le secteur diamantaire les ambitions affichées dans les filières du cuivre, du cobalt et des batteries. L’objectif est de favoriser l’émergence progressive d’activités industrielles et de services à plus forte valeur ajoutée capables de créer davantage d’emplois qualifiés et de recettes fiscales.

La journée s’est achevée par une rencontre avec Maxime Prévot, vice-Premier ministre et ministre belge des Affaires étrangères. Les discussions ont porté sur le renforcement de la coopération bilatérale dans les domaines des ressources minérales stratégiques, de l’industrialisation, du développement durable et du transfert de technologies.

Cette séquence diplomatique intervient dans un contexte où l’Union européenne cherche à sécuriser ses approvisionnements en matières premières critiques afin de réduire sa dépendance vis-à-vis de certains fournisseurs internationaux. Dans cette stratégie, la RDC apparaît comme un partenaire incontournable en raison de son poids dans la production mondiale de plusieurs minerais essentiels à la transition énergétique.

Au-delà des annonces, cette mission illustre une évolution progressive du discours économique congolais. Longtemps centrée sur l’augmentation des volumes d’exportation, la stratégie minière nationale met désormais davantage l’accent sur la transformation locale, l’industrialisation et l’intégration dans les segments les plus rentables des chaînes de valeur mondiales.

Pour la RDC, qui concentre certaines des plus importantes réserves minières de la planète, l’enjeu est considérable. Dans une économie mondiale où les minerais critiques deviennent des actifs géostratégiques, la question n’est plus uniquement celle de l’extraction. Elle porte désormais sur la capacité du pays à transformer cette richesse géologique exceptionnelle en puissance industrielle, technologique et économique durable.

DecryptEco

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