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Les crédits alloués à la Cour des comptes ont reculé de 7,4 % en 2025, passant de 117,3 à 109,2 milliards CDF.
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Sur ce montant, seulement 47,6 milliards CDF ont effectivement été décaissés, limitant fortement les capacités de contrôle des finances publiques de l’institution.
La Cour des comptes, principale institution chargée du contrôle des finances publiques en République démocratique du Congo, a fonctionné en 2025 avec des moyens nettement inférieurs aux crédits prévus dans la loi budgétaire.
Selon le Rapport public annuel des exercices 2024 et 2025 présenté le 8 juin 2026 devant l’Assemblée nationale, les prévisions budgétaires de l’institution se sont établies à 109,16 milliards de francs congolais en 2025, contre 117,25 milliards en 2024, soit une baisse de 7,41 %.
Cette enveloppe comprenait 58,71 milliards CDF destinés au fonctionnement, 26,33 milliards CDF aux investissements et 24,12 milliards CDF aux rémunérations.
Dans les faits, la Cour des comptes n’a bénéficié que de 47,58 milliards CDF au cours de l’exercice, soit un taux d’exécution global de 43,59 %.
Le contraste est particulièrement marqué pour les dépenses d’investissement.
Sur les 26,33 milliards CDF prévus, seulement 1,06 milliard CDF a été effectivement décaissé, correspondant à un taux d’exécution de 4,03 %. Les crédits de fonctionnement ont quant à eux été exécutés à hauteur de 33,87 %.
À l’inverse, les dépenses de rémunération ont dépassé les montants initialement prévus avec un taux d’exécution de 110,43 %.
La Cour explique ce dépassement par l’absence de prise en compte, dans les prévisions gouvernementales, des implications financières liées aux nominations, promotions et mises à la retraite des magistrats intervenues depuis 2022.
Pour l’institution, l’insuffisance des crédits de fonctionnement constitue un frein direct à l’exécution de son programme annuel de contrôle.
La faiblesse des investissements limite également les efforts de modernisation et de déploiement territorial.
La Cour des comptes souligne par ailleurs un déficit important de ressources humaines. Ses effectifs totalisent actuellement 277 agents, dont seulement 17 % de magistrats.
Cette situation complique l’extension de ses activités dans les provinces et réduit sa capacité de contrôle sur l’ensemble des entités publiques.
Dans ses recommandations, l’institution appelle le Gouvernement à renforcer les financements destinés aux rémunérations, au fonctionnement et aux investissements afin de lui permettre d’exercer pleinement ses missions constitutionnelles.
Créée pour contrôler la gestion des finances de l’État, des provinces, des entités territoriales décentralisées et des organismes publics, la Cour des comptes constitue l’un des principaux mécanismes de redevabilité budgétaire du pays.
Pour les spécialistes de la gouvernance publique, l’efficacité du contrôle des dépenses publiques dépend aussi des moyens accordés à l’institution chargée de surveiller leur utilisation.
DecryptEco
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