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Afrique : le nombre de millionnaires progresse de 4,1 %, le Maroc en tête de la création de richesse

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  • L’Afrique a enregistré une hausse de 4,1 % du nombre de millionnaires en 2025, selon le World Wealth Report 2026 de Capgemini, confirmant la résilience de la richesse privée sur le continent malgré un environnement économique mondial incertain.
  • Le Maroc se distingue avec une progression supérieure à 16 %, illustrant le dynamisme de certains marchés africains dans un contexte de forte croissance des patrimoines à l’échelle mondiale.

La richesse mondiale a poursuivi son expansion en 2025. Selon le World Wealth Report 2026 publié par le cabinet de conseil Capgemini, le nombre de personnes disposant d’un patrimoine investissable supérieur à un million de dollars a atteint 25,3 millions à travers le monde, soit une progression de 7,9 % par rapport à 2024.

Cette augmentation représente près de deux millions de nouveaux millionnaires en une seule année. Dans le même temps, leur richesse cumulée a progressé pour atteindre 98 300 milliards de dollars, un niveau historique qui témoigne de la forte appréciation des actifs financiers et de la résilience des marchés internationaux.

Dans cette catégorie, Capgemini considère comme millionnaire toute personne disposant d’au moins un million de dollars d’actifs investissables, à l’exclusion de la résidence principale, des biens de consommation durables et des objets de collection.

En Afrique, la dynamique demeure plus modérée que dans les grandes économies développées mais reste néanmoins positive. Le nombre de millionnaires a augmenté de 4,1 % en 2025, confirmant la capacité de plusieurs économies du continent à générer de nouveaux patrimoines malgré les défis liés à l’inflation, à la volatilité des monnaies et aux tensions géopolitiques mondiales.

Le Maroc apparaît comme la principale locomotive de cette progression. Le royaume a enregistré une croissance supérieure à 16 % du nombre de millionnaires au cours de l’année écoulée, l’une des plus fortes performances observées sur le continent. Cette évolution reflète notamment la bonne tenue des marchés financiers, l’attractivité du secteur immobilier, le développement de l’entrepreneuriat ainsi que la montée en puissance de plusieurs secteurs exportateurs.

Au niveau mondial, l’Amérique du Nord demeure le principal moteur de la création de richesse. Les États-Unis ont représenté à eux seuls une part importante des nouveaux millionnaires recensés en 2025, bénéficiant de la progression des marchés boursiers, de l’essor continu des technologies numériques et de l’intelligence artificielle.

L’Asie-Pacifique poursuit également sa montée en puissance, portée par la croissance des patrimoines en Inde, au Japon et dans plusieurs économies d’Asie du Sud-Est. L’Europe affiche pour sa part une évolution plus contrastée, certaines économies étant confrontées à une croissance plus faible et à des conditions financières plus restrictives.

Pour l’Afrique, ces chiffres mettent en lumière une tendance souvent ignorée dans les débats économiques : malgré la persistance de la pauvreté et des inégalités, le continent voit émerger une classe croissante d’entrepreneurs, d’investisseurs et de détenteurs de patrimoine. Cette accumulation de capital privé pourrait jouer un rôle important dans le financement des entreprises, de l’innovation et des infrastructures au cours des prochaines années.

Toutefois, le développement de la richesse privée reste très concentré géographiquement. L’Afrique du Sud, le Maroc, l’Égypte, le Nigeria et le Kenya continuent de représenter l’essentiel des patrimoines du continent. Dans plusieurs pays, la faiblesse des marchés financiers, l’accès limité aux instruments d’investissement et l’importance du secteur informel freinent encore l’accumulation de richesses à grande échelle.

Pour les décideurs africains, l’enjeu dépasse la simple augmentation du nombre de millionnaires. La question centrale demeure celle de la transformation de cette richesse privée en investissements productifs capables de soutenir la croissance, de créer des emplois et de renforcer la compétitivité des économies nationales.

Le rapport de Capgemini souligne ainsi une réalité souvent négligée : la richesse mondiale continue de croître rapidement, mais sa répartition reste profondément inégale. Pour l’Afrique, le défi consiste désormais à transformer l’émergence de nouveaux patrimoines en un levier durable de développement économique et social.

DecryptEco

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