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RDC : la Banque centrale met fin aux paiements en devises en espèces d’ici 2027

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La Banque centrale du Congo (BCC) a annoncé, ce 9 avril 2026, à l’issue du deuxième Comité de politique monétaire (CPM) de l’année, une réforme majeure du marché des changes. Portée par le Gouverneur André Wameso, cette décision prévoit la fin progressive des paiements en espèces en devises étrangères d’ici 2027, dans le but de renforcer la transparence, moderniser le système financier et consolider la stabilité économique du pays.

Cette orientation découle directement des résolutions du CPM, qui s’est réuni à Kinshasa sous la présidence du Gouverneur. Comme le souligne le communiqué, « le Comité de Politique Monétaire (CPM) de la Banque Centrale du Congo s’est réuni en session ordinaire ce jeudi 09 avril 2026 » pour examiner la conjoncture économique et définir les perspectives .

Concrètement, la BCC prévoit la suppression totale des paiements en espèces en devises étrangères à partir du 9 avril 2027. « Aucune personne, physique ou morale, ne sera plus autorisée à effectuer des transactions en espèces en monnaies étrangères », dit le communiqué, qui précise également que « toute transaction en espèces, en monnaies étrangères, de quelque montant que ce soit, ne pourra se faire que par voie scripturale » . Toutes les opérations devront ainsi transiter par les circuits bancaires formels.

Dans la même dynamique, la Banque centrale a décidé de reprendre le contrôle de l’approvisionnement en devises. Elle « assure l’exclusivité de l’importation physique des billets des banques en devises étrangères », dit le communiqué, ajoutant qu’« aucune banque commerciale ne sera plus autorisée à effectuer l’importation physique des monnaies étrangères à partir du 09 avril 2027 » .

À travers cette réforme, la BCC poursuit plusieurs objectifs stratégiques. Il s’agit notamment de mieux sécuriser l’approvisionnement en billets, de lutter plus efficacement contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, mais aussi d’harmoniser les pratiques de change sur l’ensemble du territoire. En réduisant la circulation informelle des devises, les autorités monétaires espèrent améliorer la traçabilité des flux financiers et renforcer l’efficacité des instruments de régulation.

Cette décision intervient dans un contexte économique globalement favorable. Selon le CPM, « l’activité économique continue de faire preuve de résilience, avec une croissance économique en accélération, soit 6,2 % projetée en 2026 » . L’inflation suit également une trajectoire positive, « ressortie à 2,2 % en glissement annuel à fin mars 2026, contre 10,1 % à la même période de l’année précédente » . Sur le marché des changes, le franc congolais a connu des évolutions modérées, avec une légère appréciation sur le segment parallèle et un ajustement mesuré sur le marché officiel depuis le début de l’année .

La fin annoncée des paiements en espèces en devises devrait profondément modifier les pratiques économiques en République démocratique du Congo, où le dollar reste largement utilisé dans les transactions quotidiennes. Entreprises comme particuliers seront appelés à s’adapter à une bancarisation accrue des opérations en devises. Si cette transition peut favoriser la modernisation du système financier, elle pose aussi des défis, notamment en matière d’accès aux services bancaires et de confiance envers les institutions financières.

En toile de fond, cette réforme s’inscrit dans une volonté affirmée de formalisation de l’économie congolaise. En imposant le passage des transactions en devises par les circuits bancaires, les autorités entendent élargir l’assiette fiscale, améliorer la supervision financière et réduire les activités informelles.

Loin de constituer une contrainte, cette orientation ouvre des perspectives encourageantes. La signature récente, le 8 avril 2026 à Kinshasa, d’un protocole d’accord stratégique entre la Banque Centrale du Congo et le groupe VISA illustre cette dynamique. Axé sur le renforcement des capacités techniques, la promotion de l’inclusion et de l’éducation financière ainsi que le développement des infrastructures de paiement, ce partenariat vient soutenir concrètement la transition vers des transactions plus modernes et sécurisées.

Inscrite dans le Plan stratégique 2026-2030 de la BCC, cette évolution positionne la digitalisation comme un levier clé pour accélérer l’inclusion financière et renforcer la confiance dans le système bancaire. Comme le rappelle le CPM, l’objectif reste de « consolider durablement la stabilité macroéconomique » , avec, à terme, l’ambition de bâtir une économie plus transparente, innovante et résiliente, au service d’une monnaie nationale forte et d’une croissance durable.

DecryptEco

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