- Le Gouvernement congolais a clôturé, ce lundi 18 mai 2026 à Kinshasa, les travaux techniques consacrés à la finalisation de l’avant-projet de loi de finances rectificative de l’exercice 2026.
- Les ajustements budgétaires en préparation interviennent dans un contexte marqué par la révision du cadrage macroéconomique, les discussions avec le FMI et le recentrage des dépenses publiques vers des secteurs prioritaires à fort impact économique et social.
- Initialement fixé à 54 335,8 milliards CDF, soit près de 22 milliards USD, le budget 2026 serait désormais réévalué autour de 16 milliards USD selon les nouvelles hypothèses de travail examinées lors des assises techniques organisées au Centre financier de Kinshasa.
Dans le cadre de la mise en œuvre de la vision du Président de la République, Félix Tshisekedi, et sur instruction de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, les travaux techniques consacrés à la finalisation de l’avant-projet de loi de finances rectificative (LFR) de l’exercice 2026, lancés le samedi 16 mai au cabinet du vice-Premier ministre, ministre du Budget, Adolphe Muzito, au Centre financier de Kinshasa, ont été clôturés ce lundi 18 mai.
Cette séquence budgétaire intervient dans un contexte de réajustement des priorités économiques et financières du Gouvernement, alors que plusieurs paramètres du cadrage macroéconomique initial ont évolué depuis l’adoption de la loi de finances 2026.
Selon les orientations discutées au cours des travaux techniques, les autorités cherchent désormais à concentrer davantage les dépenses publiques sur des projets jugés structurants et immédiatement visibles pour les populations, dans un environnement marqué par des contraintes budgétaires plus importantes qu’attendu.
Pour cette dernière journée de travaux, les experts de quatorze ministères stratégiques ont été reçus par les équipes techniques des ministères du Budget et du Plan afin de présenter leurs priorités d’investissement. Les discussions ont principalement porté sur l’intégration de projets capables de produire des effets rapides sur l’économie, les infrastructures et les services publics.
Les secteurs concernés comprennent notamment l’Agriculture, la Pêche et Élevage, le Développement rural, l’Entrepreneuriat et les PME, le Commerce extérieur, l’Aménagement du territoire, la Formation professionnelle, le Genre, Famille et Enfant, les Affaires foncières, les Infrastructures et Travaux publics, ainsi que le Portefeuille, le Plan et la Justice.
D’après les données budgétaires initiales, le budget 2026 avait été arrêté à 54 335,8 milliards CDF, soit près de 22 milliards USD, représentant une hausse de 7,2 % par rapport à la loi de finances rectificative 2025. Le cadrage retenu reposait notamment sur une croissance économique projetée à 5,3 %, une inflation moyenne de 4,4 % ainsi qu’une progression attendue des recettes publiques.
Mais plusieurs évolutions économiques et financières ont progressivement conduit le Gouvernement à revoir ses hypothèses. Les discussions menées récemment avec le Fonds monétaire international (FMI), les tensions géopolitiques internationales, les pressions sécuritaires dans l’Est du pays ainsi que certaines difficultés de mobilisation des recettes au premier trimestre 2026 ont contribué à accélérer la préparation d’une loi de finances rectificative.
Selon plusieurs sources techniques impliquées dans les travaux, les nouvelles hypothèses budgétaires examinées ramèneraient désormais le niveau global du budget autour de 16 milliards USD, traduisant une volonté de renforcer la soutenabilité budgétaire tout en préservant certains investissements prioritaires.
Le FMI avait d’ailleurs indiqué, à l’issue de sa mission de revue en debut mai 2026, que les autorités congolaises devraient poursuivre les efforts de rationalisation des dépenses publiques, d’amélioration de la mobilisation des recettes intérieures et de renforcement de l’efficacité des investissements publics.
Au cours de cette ultime séance technique, les travaux ont été momentanément suspendus à l’arrivée du vice-ministre du Budget, Élysée Bokumwana, venu s’enquérir de l’état d’avancement du processus. Celui-ci a formulé plusieurs orientations méthodologiques à l’intention des experts des ministères du Budget et du Plan avant de demander la transmission rapide des conclusions des travaux.
« Ces conclusions devront être présentées lors d’une réunion avec la Première ministre ce mardi, avant la tenue du Conseil des ministres extraordinaire prévu ce mercredi », a-t-il indiqué.
À travers cette révision budgétaire, le Gouvernement affiche désormais l’objectif d’identifier une vingtaine de secteurs prioritaires susceptibles de soutenir l’activité économique, d’améliorer les services publics et de produire des effets visibles sur les conditions de vie des populations.
DecryptEco
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