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À Genève, Julien Paluku a présenté la numérisation des procédures commerciales congolaises : 93 documents sur 98 sont désormais dématérialisés, soit près de 95 % du périmètre annoncé par le Gouvernement.
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Cette transformation peut réduire les déplacements, les traitements manuels et les contacts directs avec l’administration. Mais les données publiques disponibles ne permettent pas encore de mesurer précisément la baisse effective des délais, des coûts ou des pratiques de corruption.
La République démocratique du Congo veut faire de la dématérialisation un outil de facilitation du commerce extérieur. À Genève, jeudi 17 septembre 2026, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a présenté les réformes numériques engagées par le pays lors d’une table ronde de haut niveau consacrée à l’accès au numérique et aux possibilités économiques, organisée dans le cadre du Forum public de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

L’événement, tenu du 15 au 17 septembre, comprend 113 sessions et place cette année le commerce des services au centre des discussions.
Le chiffre qui mesure le mieux l’avancement administratif est celui des documents : 93 sur 98 ont été dématérialisés, soit 94,9 %. Il n’en reste donc que cinq, environ 5,1 % du total, à intégrer au dispositif annoncé.
La transmission électronique relie notamment S-ONE, le système du Guichet unique intégral du Commerce extérieur, à SYDONIA World, utilisé par la Direction générale des douanes et accises.
Concrètement, cette interconnexion doit empêcher qu’une même liasse documentaire soit transportée physiquement d’un service à un autre.
La circulation numérique des données peut raccourcir certaines démarches, améliorer leur traçabilité et réduire les interventions humaines dans le traitement des dossiers.
C’est aussi par ce mécanisme que la dématérialisation peut limiter certaines possibilités de paiements informels : moins de procédures manuelles signifie potentiellement moins de points de contact opaques entre opérateurs et administrations.
L’effet réel doit toutefois être distingué de l’effet attendu. Le chantier n’a pas commencé à Genève. La transmission électronique entre S-ONE et SYDONIA World avait été officiellement lancée le 29 décembre 2025.
En août 2026, le Gouvernement annonçait également la mise en service du Portail d’Informations Commerciales de la RDC, destiné à centraliser les procédures applicables, les documents requis et les administrations compétentes pour les opérations d’importation, d’exportation et de transit.

Cette architecture accompagne aussi les engagements internationaux du pays. La RDC a ratifié le 11 juillet 2025 l’Accord de l’OMC sur la facilitation des échanges, qui encourage notamment la publication des procédures commerciales, la simplification documentaire et l’utilisation de guichets uniques.
La base de données de l’OMC sur cet accord affiche actuellement un taux de mise en œuvre des engagements notifiés de 100 %, tout en signalant encore deux notifications en retard.
La limite apparaît lorsque la numérisation administrative est comparée à l’accès réel de la population au numérique.
Le Gouvernement a présenté à Genève un taux d’accès à Internet de 34 % et un accès au téléphone de 67 %. La Banque mondiale estimait de son côté à 20 % la part de la population congolaise utilisant Internet en 2024.
Les deux chiffres ne mesurent pas nécessairement la même chose et ne portent pas sur la même année, mais l’écart appelle une lecture prudente des statistiques disponibles.
La dématérialisation de 95 % des documents constitue ainsi une mesure de l’avancement technique du système, pas encore une mesure de sa performance économique.
Pour établir ce second bilan, il faudrait disposer de séries comparables sur le délai moyen de dédouanement, le coût administratif d’une opération, le nombre de dossiers traités intégralement en ligne, les interruptions des plateformes et les paiements effectivement supprimés.

Sans ces données, la RDC peut documenter la transformation de ses procédures ; elle ne peut pas encore chiffrer complètement les économies qu’elle procure aux entreprises.
DecryptEco | RDC & Afrique
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