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En mission aux Émirats arabes unis, Jean-Pierre Bemba s’est entretenu le 17 septembre avec les responsables d’Etihad Airways. Le gouvernement annonce les premiers vols Abu Dhabi-Kinshasa le 13 mars 2027 et Abu Dhabi-Lubumbashi le 18 mars.
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La RDC devient l’un des marchés les plus visibles de l’expansion africaine d’Etihad, au moment où Turkish Airlines retire Kinshasa de ses futurs programmes. Mais la valeur économique de ces lignes dépendra aussi du fret, des correspondances et de la qualité de la chaîne logistique congolaise.
Etihad Airways se prépare à desservir deux villes congolaises à partir de mars 2027. En mission officielle aux Émirats arabes unis, le Vice-Premier ministre chargé des Transports, Jean-Pierre Bemba, s’est entretenu, le jeudi 17 septembre 2026 avec les hauts responsables de la compagnie.
À l’issue de la rencontre, le gouvernement congolais a annoncé une liaison Abu Dhabi-Kinshasa à compter du 13 mars, puis Abu Dhabi-Lubumbashi cinq jours plus tard.

Ces échéances sont légèrement plus précoces que celles publiées par Etihad en avril. La compagnie annonçait alors Kinshasa le 18 mars 2027, à raison de trois vols hebdomadaires, et Lubumbashi le 24 mars, également trois fois par semaine dans une rotation combinée avec Harare.
Etihad Airways précisait que ce calendrier restait susceptible d’être modifié. Derrière ces deux lignes se dessine une offensive africaine plus large. Etihad Airways a annoncé de nouvelles dessertes vers Asmara, Accra, Kinshasa, Lagos, Harare et Lubumbashi.
La RDC concentre ainsi deux des six nouvelles destinations africaines présentées en avril, particularité rare pour un même marché. Abu Dhabi doit servir de plateforme vers le Moyen-Orient et surtout l’Asie, où le réseau de la compagnie dessert plusieurs grands centres économiques.
Cette arrivée prend davantage de poids avec la disparition de la liaison Turkish Airlines.
Le transporteur turc, qui avait suspendu Kinshasa en 2026 avec une reprise initialement envisagée, a retiré la capitale congolaise de ses futurs horaires le 11 septembre.
La perte du hub d’Istanbul réduit une porte de correspondance vers l’Europe et l’Asie ; Abu Dhabi en ouvre une autre, avec une géographie commerciale différente.
L’avantage économique ne se résume toutefois pas au nombre de vols. Kinshasa peut alimenter les déplacements d’affaires, la diaspora et le tourisme, tandis que Lubumbashi place Etihad au cœur de la principale région minière du pays.
Le fret aérien peut servir les marchandises urgentes ou à forte valeur ; pièces industrielles, équipements, produits pharmaceutiques ou échantillons, mais il ne remplace pas les corridors ferroviaires et routiers nécessaires aux millions de tonnes de minerais exportées.
La Banque mondiale rappelle dans son Handbook for the Development of Air Transport, publié en juin 2026, que l’aviation soutient l’intégration économique en reliant personnes, marchandises et marchés.

Son rapport Integrating Africa va plus loin : environ 60 % des coûts commerciaux estimés en Afrique proviennent de contraintes internes, notamment les inefficacités logistiques, les restrictions de transport et les infrastructures insuffisantes.
C’est là que se situe la limite du discours sur Kinshasa comme hub régional. Deux lignes supplémentaires améliorent la connectivité internationale, mais un hub exige des correspondances régionales organisées, des horaires coordonnés, des formalités rapides, une manutention fiable et une offre cargo compétitive.
Sans cette chaîne, Etihad transportera davantage de voyageurs vers la RDC ; avec elle, Kinshasa et Lubumbashi peuvent aussi devenir des points de redistribution des flux entre l’Afrique centrale, le Golfe et l’Asie, prévient un expert du secteur.
DecryptEco | RDC & Afrique
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