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Forum public 2026 de l’OMC à Genève : Julien Paluku et Aïssatou Diallo évaluent le Programme-pays de la RDC

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  • La RDC veut finaliser d’ici à la mi-octobre son Document de Programme-pays dans le cadre de la phase III 2025-2031 du Cadre intégré renforcé, avec quatre axes allant des capacités productives à la numérisation du commerce.

  • Le choix du cacao, du café, du manioc, du soja et de l’huile de palme répond à une faiblesse structurelle : en 2024, le cuivre représentait encore près de 80 % des exportations congolaises de biens.

La République démocratique du Congo veut disposer, dès la mi-octobre 2026, d’un cadre pluriannuel pour orienter une partie de ses futurs appuis au commerce. À Genève, jeudi 17 septembre, le ministre du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, et la Directrice exécutive du Cadre intégré renforcé (CIR), Aïssatou Diallo, ont évalué l’état d’avancement du Document de Programme-pays de la RDC.

La réunion s’est tenue en marge du Forum public de l’Organisation mondiale du commerce, organisé du 15 au 17 septembre.

Ce document doit organiser l’intervention congolaise dans la phase III du CIR, qui court jusqu’en 2031. Le programme multilatéral accompagne les pays les moins avancés dans l’utilisation du commerce et de l’investissement comme instruments de transformation économique.

Pour la RDC, quatre orientations ont été retenues : gouvernance et institutions, développement des capacités productives, inclusion des MPME et numérisation du commerce.

La composante productive donne au programme sa principale portée économique. Kinshasa cible notamment l’huile de palme, le soja, le manioc, le cacao et le café.

Ces filières peuvent élargir une base d’exportation encore fortement concentrée sur les mines. Les données de la Banque mondiale montrent qu’en 2024, les seules exportations de cuivre représentaient près de 80 % des exportations congolaises de marchandises et l’équivalent de 38 % du PIB.

Une progression des filières agricoles commerciales permettrait donc d’ajouter d’autres sources de devises, de revenus ruraux et d’emplois à une économie extérieure dominée par le secteur extractif.

Cette orientation ne part pas entièrement de zéro. Lors des phases précédentes, le CIR avait déjà soutenu en RDC la réhabilitation de la filière huile de palme dans le Mayombe et accompagné des travaux sur la chaîne de valeur du café.

Son unité nationale avait également participé à la préparation du Projet de facilitation du commerce dans la région des Grands Lacs, doté à son lancement d’un budget estimé à 34 millions USD.

La phase actuelle cherche ainsi à réunir davantage ces interventions dans une programmation nationale cohérente.

Le volet consacré aux MPME vise particulièrement les entreprises portées par les femmes et les jeunes.

Leur accès à des marchés plus larges passe toutefois par plusieurs maillons : capacité de produire régulièrement, respect des normes, emballage, financement, logistique et accès aux acheteurs. Sans amélioration de cette chaîne, identifier des filières prioritaires ne suffit pas à transformer une production locale en exportations régulières.

La numérisation complète cette architecture. Elle doit favoriser le commerce électronique, les services numériques et la facilitation des échanges.

Cette orientation rejoint le thème du Forum public 2026 de l’OMC, centré sur les services, dont le volume des échanges mondiaux devrait progresser de 4,8 % cette année.

Pour les entreprises congolaises, la réduction des démarches physiques et des coûts administratifs peut faciliter l’accès au commerce formel et aux marchés extérieurs.

À ce stade, le ministère n’a annoncé ni enveloppe financière propre au Programme-pays ni montant déjà mobilisé.

La réunion de Genève a précisément retenu le renforcement de la mobilisation des partenaires techniques et financiers.

La présentation prévue à la mi-octobre doit donc transformer une liste de priorités sectorielles en portefeuille structuré de programmes.

Pour la RDC, la portée économique du dispositif se mesurera ensuite dans les capacités réellement financées : production, transformation, normes, logistique et accès aux marchés.

DecryptEco | RDC & Afrique

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