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Le FOMIN a encaissé 857 millions USD entre 2020 et le premier semestre 2025, contre 639 millions attendus, soit un taux de réalisation de 134,1 %.
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Le CREFDL recense 441 millions USD affectés à 11 projets et programmes et estime qu’environ 415 millions restaient non utilisés dans le périmètre étudié.
Le Fonds minier pour les générations futures (FOMIN) a encaissé 857 millions USD entre 2020 et le premier semestre 2025, soit 218 millions de plus que les 639 millions USD prévus. Le taux de réalisation atteint ainsi 134,1 %, d’après une étude du Centre de recherche en finances publiques et développement local (CREFDL).
Les recettes ont surtout accéléré à partir de 2022. Cette année-là, le Fonds a encaissé 238,51 millions USD contre 143,70 millions attendus. Les taux de réalisation ont ensuite atteint 268,2 % en 2023 et 136,34 % en 2024.
Au premier semestre 2025, les encaissements s’établissaient toutefois à 27 millions USD, pour une prévision annuelle de 95 millions.
Le FOMIN a été créé pour constituer des richesses financières ou matérielles destinées à préparer l’après-mine et à préserver une partie des revenus tirés aujourd’hui des ressources minières au profit des générations futures. Cette fonction est également rappelée dans les textes de présentation du Fonds.
Son financement repose notamment sur une fraction de la redevance minière. Fixée initialement à 10 % par la réforme du Code minier de 2018, cette part est passée à 8 % après l’affectation de deux points au FONAREV. AFREWATCH relève également cette modification dans ses travaux consacrés à la gouvernance du Fonds.
La question se déplace désormais vers l’utilisation de l’argent collecté. En effet, sur les 857 millions USD encaissés, le CREFDL identifie environ 441 millions USD dépensés, sur instruction du Gouvernement, dans 11 projets et programmes.
Cela représente 51,52 % des ressources mobilisées. Environ 415 millions USD resteraient donc non utilisés dans le périmètre analysé par l’organisation.
Le CREFDL relève parallèlement que les documents budgétaires analysés pour 2022-2024 retracent 73,19 millions USD de dépenses sur ressources propres du FOMIN.
Sur ce total, 62,95 millions USD, soit 86 %, correspondent au fonctionnement, contre 10,24 millions USD consacrés aux investissements.
Les périodes et les périmètres comptables ne permettent toutefois pas de comparer directement ces 10,24 millions aux 441 millions affectés aux projets.
C’est précisément cette difficulté de rapprochement des comptes qui alimente les interrogations sur la traçabilité. Le CREFDL affirme que les 11 projets recensés ne sont pas clairement retracés dans les budgets de l’État et les redditions des comptes qu’il a examinés. Il signale également un écart proche de 11 millions USD entre les montants communiqués autour de certains projets et ceux ressortant de son analyse.
Cette préoccupation a été mise en lumière par plusieurs organisations de la société. Déjà, AFREWATCH et La Sentinelle ont demandé en juin 2025 un audit indépendant de la gouvernance et des affectations du FOMIN.
Les deux organisations recommandent notamment un plan d’investissement précisant les risques, les règles de préservation du capital et les rendements recherchés, ainsi que la publication régulière des recettes, dépenses et états financiers.
Les chiffres donnent ainsi deux lectures du FOMIN. La première est celle de la collecte : 857 millions USD encaissés pour 639 millions attendus, soit 218 millions de recettes supplémentaires.
La seconde concerne leur transformation : 441 millions ont été affectés à 11 projets, tandis qu’environ 415 millions restaient non utilisés dans le périmètre du CREFDL.
Pour un fonds destiné à préparer l’après-mine, l’indicateur central ne sera donc pas seulement le montant accumulé, mais aussi la part effectivement investie, les rendements générés, la préservation du capital et la possibilité de retracer chaque décaissement dans les comptes publics.
DecryptEco
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