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Ian McCary place la paix, la sécurité et le développement des relations économiques au centre de son action en RDC. Le diplomate est entré en fonction comme chargé d’affaires à Kinshasa le 20 janvier 2026.
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Son volet économique intervient dans une période d’accélération des investissements américains dans les minerais critiques, les infrastructures et le corridor de Lobito, avec le cuivre et le cobalt congolais au centre de la stratégie de Washington.
Les États-Unis précisent les priorités qui guideront leur action en République démocratique du Congo. Entré en fonction le 20 janvier 2026 comme chargé d’affaires à l’ambassade américaine à Kinshasa, Ian McCary en retient trois : protéger les Américains et sécuriser les frontières des États-Unis, promouvoir la paix et renforcer les relations économiques avec la RDC.
« J’écoute, j’apprends, et puis on agit ensemble. C’est ça, le partenariat », explique le diplomate, qui dit s’appuyer sur plus de trente ans d’expérience acquise dans plusieurs pays.
Dans le contexte congolais, paix et sécurité forment un même bloc. Washington présente le retour de la stabilité, le rétablissement de l’autorité de l’État et la protection de la souveraineté congolaise comme des conditions nécessaires au développement économique.
Cette orientation prend une dimension particulière dans l’Est du pays, confronté depuis plusieurs années à une succession de conflits armés.
Les États-Unis ont renforcé leur implication diplomatique dans la recherche d’une issue politique, parallèlement à une coopération sécuritaire qui comprend notamment le partage de renseignements, la formation et des exercices conjoints.
La logique américaine consiste ainsi à rapprocher stabilisation et développement économique. Une amélioration durable de la situation sécuritaire doit permettre de réduire les risques qui freinent les investissements, notamment dans les régions disposant d’importantes ressources naturelles.
Le deuxième grand bloc est économique. Ian McCary veut renforcer les liens entre les deux pays et créer davantage d’opportunités d’investissement en RDC pour les entreprises américaines.
En juillet, lors d’échanges avec l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI), il avait déjà identifié quatre secteurs prioritaires : les minerais critiques, l’énergie, les infrastructures et les technologies de l’information et de la communication.
Cette orientation accompagne la stratégie américaine de diversification des chaînes d’approvisionnement en minerais critiques. En décembre 2025, la Development Finance Corporation (DFC) avait notamment annoncé son intérêt pour une participation dans la coentreprise entre Gécamines et Mercuria, destinée à commercialiser du cuivre, du cobalt et d’autres minerais stratégiques.
Quelque 100 000 tonnes de cuivre engagées dans ce dispositif ont depuis été vendues et ont commencé à être expédiées vers les États-Unis.
Cette opération traduit une évolution dans la relation économique entre Kinshasa et Washington : les minerais critiques ne relèvent plus seulement de déclarations diplomatiques, mais commencent à intégrer des mécanismes commerciaux et financiers précis.
Pour les experts en économie minière et en chaînes d’approvisionnement du CSIS, la RDC possède des ressources capables d’attirer davantage de capitaux occidentaux. Plusieurs contraintes continuent cependant de peser sur les investisseurs, notamment l’insuffisance des infrastructures, les difficultés du climat des affaires, le risque sécuritaire et la forte implantation des entreprises chinoises dans l’industrie congolaise du cuivre et du cobalt.
Ces spécialistes estiment que l’engagement américain doit donc associer diplomatie, financement et réduction des risques pour favoriser une présence plus importante des capitaux privés.
Le corridor de Lobito complète cette architecture. Il doit relier plus efficacement les zones minières de la RDC et de la Zambie au port angolais de Lobito et offrir une voie d’exportation supplémentaire vers les marchés atlantiques.
Pour les spécialistes des infrastructures minières et du financement du développement de l’Atlantic Council, ce corridor peut servir de modèle en associant exploitation minière, transport et mobilisation des capitaux publics et privés.
Leur analyse insiste également sur le développement d’infrastructures capables de permettre aux pays producteurs de conserver une part plus importante de la richesse générée par leurs ressources.
La ligne présentée par Ian McCary rapproche ainsi deux dimensions : stabiliser l’environnement politique et sécuritaire, puis renforcer les échanges et les investissements.
Washington cherche parallèlement à consolider son accès aux minerais critiques congolais au moment où le cuivre, le cobalt et d’autres métaux stratégiques occupent une place croissante dans sa politique industrielle.
Pour Kinshasa, la nouvelle phase des relations avec les États-Unis se mesurera surtout aux investissements effectivement réalisés, aux infrastructures construites et aux capacités de transformation locale développées autour des ressources minières congolaises.
DecryptEco
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