-
Le prix de l’acide sulfurique s’est fortement apprécié dans la ceinture de cuivre congolaise depuis la fin du deuxième trimestre 2026. À Kamoa-Kakula, il est passé d’une moyenne de 465 USD la tonne au T2 à environ 840 USD en juillet.
-
Robert Friedland, fondateur et coprésident exécutif d’Ivanhoe Mines, estime que le prix moyen de vente pourrait atteindre près de 950 USD la tonne en août, dans un marché régional encore largement dépendant des importations de soufre.
Le marché de l’acide sulfurique connaît une forte tension dans la ceinture de cuivre de la République démocratique du Congo. Selon Robert Friedland, fondateur et coprésident exécutif d’Ivanhoe Mines, les prix ont plus que doublé depuis la fin du deuxième trimestre 2026.
À la fonderie de Kamoa-Kakula, le prix moyen de vente de l’acide sulfurique concentré s’établissait à 465 USD la tonne au deuxième trimestre. En juillet, il a progressé de plus de 80 % pour atteindre environ 840 USD la tonne. Robert Friedland avance désormais un niveau moyen proche de 950 USD la tonne en août.
Les données publiées par Ivanhoe Mines à la fin du mois de juillet permettent de mesurer cette évolution. Kamoa-Kakula avait vendu 119 603 tonnes d’acide sulfurique au deuxième trimestre, à un prix moyen de 465 USD la tonne. La société faisait également état de contrats conclus pour juillet et août autour de 840 USD la tonne.
Un produit essentiel aux mines de cuivre et de cobalt
L’acide sulfurique occupe une place importante dans l’industrie minière du sud de la RDC. Il est notamment utilisé dans le traitement par lixiviation des minerais oxydés de cuivre et de cobalt. Une hausse durable de son prix peut donc alourdir les coûts de production des exploitations qui dépendent fortement de cet intrant.
La situation est d’autant plus sensible que l’approvisionnement régional reste largement tributaire du soufre importé.
Robert Friedland estime qu’environ 90 % de l’acide sulfurique consommé l’année dernière dans la Copperbelt congolaise provenait de soufre importé.
En termes industriels, une unité de soufre permet de produire approximativement trois unités d’acide sulfurique. Les variations du prix et de la disponibilité du soufre sur le marché international se transmettent ainsi directement aux producteurs régionaux d’acide.
Kamoa-Kakula bénéficie de sa propre production
La fonderie de Kamoa-Kakula présente une configuration particulière. L’acide sulfurique y est produit comme sous-produit de la fusion des concentrés de cuivre sulfuré, ce qui réduit sa dépendance à l’achat de soufre destiné spécifiquement à la fabrication d’acide.
Au deuxième trimestre, la fonderie avait produit 112 307 tonnes d’acide sulfurique. Ivanhoe Mines indiquait également un rythme de production proche de 1 250 tonnes par jour.
L’acide produit est vendu aux mines locales exploitant notamment des minerais oxydés de cuivre et de cobalt.
La hausse actuelle des prix améliore ainsi la valeur commerciale de ce sous-produit. Ivanhoe Mines avait déjà indiqué qu’au deuxième trimestre, les revenus issus des ventes d’acide sulfurique avaient pratiquement couvert les coûts d’exploitation de la fonderie.
La progression observée depuis juin donne ainsi une dimension économique supplémentaire à l’intégration industrielle de Kamoa-Kakula : parallèlement à la production de cuivre, la fonderie dispose désormais d’un produit très recherché sur un marché régional confronté à des tensions d’approvisionnement.
DecryptEco
Laisser un commentaire