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Levée de 1,25 milliard USD d’eurobonds sur le marché international : Doudou Fwamba insiste sur la  » crédibilité  » de la RDC

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Lors de son point de presse convoqué, ce lundi 13 Avril 2026 à Kinshasa, le ministre des Finances, Doudou Fwamba, est revenu en détail sur la première émission d’eurobonds réalisée par la République démocratique du Congo, pour un montant de 1,25 milliard de dollars. Il en propose une lecture qui dépasse le simple chiffre. « Nous ne célébrons pas seulement les 1,25 milliard USD levés, mais la crédibilité retrouvée de la RDC ».

En effet, l’État congolais a levé ces fonds en empruntant directement auprès d’investisseurs internationaux. Pour y arriver, deux obligations ont été émises. La première porte sur 600 millions de dollars à rembourser sur cinq ans avec un taux de 8,75 %. La seconde concerne 650 millions de dollars sur dix ans avec un taux de 9 %. Ces taux peuvent sembler élevés, mais ils correspondent au niveau de risque que les marchés associent encore au pays.

À ce jour, la RDC est notée B3 par Moody’s, une catégorie qui indique un profil jugé fragile. Les investisseurs demandent donc une rémunération plus importante pour prêter.

Il sied d’indiquer que le pays figure également sur la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), en raison de faiblesses identifiées dans la lutte contre le blanchiment de capitaux. Les autorités affirment toutefois avoir déjà mis en œuvre l’essentiel des réformes demandées, chiffrées à 90%.

Dans ce contexte, obtenir un financement proche de 9 % traduit à la fois une prudence des marchés et une ouverture. « Cette opération reflète la confiance des investisseurs dans notre économie et dans les réformes engagées », a précisé l’argentier National.  Autrement dit, des investisseurs ont accepté de prêter, mais en tenant compte du risque.

Par ailleurs, la dite opération a été structurée avec l’appui d’acteurs reconnus. Pour sa part, Citigroup a conduit le placement des titres, avec le relais de Rawbank. De l’autre, Le conseil financier a été assuré par Rothschild & Co et l’encadrement juridique par White & Case LLP. Ce type de montage permet de sécuriser l’opération et de rassurer les investisseurs.

Le ministre Doudou Fwamba a insisté sur la suite. « Des mécanismes stricts de gouvernance sont en place afin de garantir un impact concret, mesurable et durable ». L’idée est que les fonds empruntés doivent financer des projets structurants, utiles à l’économie, et porteurs de croissance, car ils devront être remboursés.

Cette opération donne à la RDC accès aux marchés internationaux. Elle implique aussi une exigence plus forte en matière de gestion des finances publiques. La manière dont ces ressources seront utilisées influencera la confiance des investisseurs lors des prochaines émissions.

Dans une lecture financière plus fine, l’opération révèle un point d’équilibre. La RDC paie encore une prime de risque élevée, proche de 9 %, ce qui renchérit le coût de la dette. Mais en contrepartie, elle élargit sa base de financement et sort d’une dépendance exclusive aux partenaires traditionnels, à savoir : le FMI et la Banque mondiale.

Pour les marchés, cette première émission sert de référence. Si les indicateurs s’améliorent, notamment la notation de Moody’s et la sortie de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), les futures levées pourraient se faire à des taux plus bas.

À l’inverse, toute dégradation alourdirait davantage le coût de financement. La crédibilité évoquée par le ministre se mesure donc dans le temps, à travers la capacité du pays à réduire progressivement cette prime de risque, estime un analyste, obsédé par les tableaux de Moody’s, Fitch ainsi que ceux de Bloomfield investiment corporation

DecryptEco

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