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Cuisson propre en RDC : l’État ambitionne de couvrir 40 millions de personnes d’ici 2030

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  • La RDC veut faire passer le taux d’accès aux solutions de cuisson propre de seulement 1 % actuellement à 30 % d’ici 2030, soit environ 40 millions de bénéficiaires.

  • En Afrique subsaharienne, près d’un milliard de personnes restent privées de cuisson propre, tandis que quatre ménages sur cinq utilisent encore des combustibles polluants.

La République démocratique du Congo se dote d’une Stratégie nationale de cuisson propre couvrant la période 2025-2050. Élaboré avec l’accompagnement du Programme des Nations Unies pour le développement ( PNUD), ce cadre doit organiser la transition des ménages vers des solutions énergétiques moins polluantes.

L’objectif annoncé est de permettre à 40 millions de personnes d’accéder à des modes de cuisson propre d’ici 2030.

Cette cible correspond à un taux de couverture d’environ 30 % de la population, contre près de 1 % actuellement, selon les objectifs du Compact énergétique national. Sa réalisation nécessiterait environ 500 millions USD d’investissements.

La cuisson propre désigne notamment l’utilisation de foyers améliorés performants, du gaz de pétrole liquéfié, de l’électricité, du biogaz, de l’énergie solaire ou d’autres équipements réduisant la consommation de bois et de charbon de bois.

Une RDC encore largement dépendante du bois-énergie

Les chiffres montrent l’ampleur du retard à combler. Entre 2017 et 2021, l’accès à la cuisson propre n’a progressé que d’environ un point de pourcentage par an en RDC. Le pays veut désormais porter ce rythme à près de 5 % par an afin d’atteindre son objectif de 2030.

Plus de 95 % des ménages congolais restent tributaires des combustibles solides pour préparer les repas. Cette forte consommation de bois-énergie exerce une pression importante sur les forêts, particulièrement autour des grands centres urbains.

La stratégie prévoit notamment de promouvoir les foyers améliorés, de développer le marché du gaz et de soutenir progressivement d’autres solutions, dont l’électrification rurale et l’énergie solaire.

Le document fixe également l’objectif de réduire de moitié la part du bois de cuisson non renouvelable d’ici 2035.

Un retard qui concerne toute l’Afrique

La RDC s’inscrit dans une difficulté plus large. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), près d’un milliard de personnes en Afrique subsaharienne vivent encore sans accès à la cuisson propre. Quatre ménages sur cinq utilisent des feux ouverts ou des foyers rudimentaires alimentés par le bois, le charbon ou d’autres combustibles polluants.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’en 2023, seulement 8 % de la population rurale africaine et 46 % de la population urbaine utilisaient principalement des combustibles et technologies propres pour cuisiner.

Cette faiblesse a des conséquences sanitaires importantes. La pollution de l’air domestique liée à la cuisson contribuerait à environ 815 000 décès prématurés par an en Afrique. Les femmes et les enfants sont les plus exposés à la fumée et consacrent également plusieurs heures à la collecte du bois et à la préparation des repas.

Selon les objectifs communiqués, la mise en œuvre de la stratégie congolaise pourrait éviter jusqu’à 2 100 millions de tonnes équivalent CO₂ d’ici 2030. Elle doit également réduire la déforestation, protéger la santé des ménages et favoriser l’émergence d’un marché national des équipements et combustibles propres.

La Stratégie nationale 2025-2050 fournit ainsi une orientation de long terme. Son application devra désormais se traduire par des projets financés, des équipements abordables et des circuits de distribution capables d’atteindre aussi bien les villes que les zones rurales.

DecryptEco

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