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En RDC, 26,5 millions de personnes, soit près d’un Congolais sur quatre, sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, tandis que plus de 4,1 millions d’enfants de moins de cinq ans souffrent ou risquent de souffrir de malnutrition aiguë.
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Face à cette pression, le Gouvernement et le PAM veulent élargir les cantines scolaires à près d’un million d’enfants, avec un modèle fondé sur l’achat de produits locaux afin de soutenir à la fois la nutrition, la scolarisation et les revenus des producteurs congolais.
La Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, a reçu, le mardi 28 juillet 2026, le directeur exécutif du PAM, Carl Skau. Les échanges ont porté sur la préparation du Plan stratégique pays 2027-2030, l’élargissement du Programme national de cantines scolaires et l’appui à la riposte contre l’épidémie d’Ebola.
Cette coopération prend une importance particulière au regard de la crise alimentaire que traverse le pays.
Un Congolais sur quatre confronté à la faim
Entre janvier et juin 2026, environ 26,5 millions de personnes, soit 23 % de la population analysée, ont été confrontées à une insécurité alimentaire aiguë élevée en RDC. Ce chiffre représente presque un Congolais sur quatre.
Parmi ces personnes, 22,9 millions se trouvaient en phase de crise, tandis que plus de 3,6 millions étaient classées en phase d’urgence. Cette dernière catégorie regroupe des ménages confrontés à d’importants déficits alimentaires et exposés à une hausse de la malnutrition en l’absence d’une assistance rapide.
Les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri et du Tanganyika concentrent à elles seules près de 9,9 millions de personnes en situation de crise alimentaire ou d’urgence.
Les conflits armés, les déplacements de populations, la perturbation des activités agricoles, la faiblesse des infrastructures et la réduction de l’assistance humanitaire figurent parmi les principales causes de cette situation.
Plus de quatre millions d’enfants touchés par la malnutrition aiguë
La crise alimentaire affecte particulièrement les enfants. Entre juillet 2025 et juin 2026, environ 4,18 millions d’enfants âgés de 6 à 59 mois ont souffert ou risquaient de souffrir de malnutrition aiguë en RDC.
Parmi eux, plus de 1,35 million étaient exposés à une malnutrition aiguë sévère, une forme susceptible de provoquer des complications médicales graves. Près de 1,54 million de femmes enceintes ou allaitantes avaient également besoin d’une prise en charge nutritionnelle.
Ces données donnent une dimension économique et sociale au projet de cantines scolaires. Il ne s’agit pas seulement de distribuer des repas, mais aussi de protéger la santé des enfants, de favoriser leur présence à l’école et de réduire une partie des charges alimentaires supportées par les familles.
Près d’un million d’élèves ciblés
Le Gouvernement et le PAM veulent porter la couverture du Programme national de cantines scolaires à près d’un million d’enfants.
Les repas servis dans les établissements peuvent améliorer la fréquentation scolaire, limiter les abandons et renforcer les capacités d’apprentissage des élèves. Le PAM intervient dans l’alimentation scolaire en RDC depuis plus de vingt ans, notamment dans les zones touchées par les conflits et l’insécurité alimentaire chronique.
Le modèle envisagé repose également sur l’achat de produits locaux. Le maïs, le manioc, le riz, les haricots et d’autres denrées produites dans les provinces pourraient approvisionner les écoles.
Cette orientation permettrait de relier trois politiques publiques : l’éducation, la nutrition et l’agriculture.
Le PAM maintient son appui contre Ebola
La rencontre a aussi permis au PAM de réaffirmer son soutien à la riposte contre Ebola. L’agence fournit une assistance alimentaire, des moyens logistiques, des télécommunications ainsi qu’un service de transport aérien humanitaire dans l’est de la RDC.
Depuis le 28 mai 2026, plus de 36 000 repas chauds avaient notamment été distribués à plus de 1 600 patients, accompagnateurs et personnes contacts dans 14 centres de traitement et d’isolement.
Le futur Plan stratégique pays 2027-2030 devra ainsi transformer l’assistance d’urgence en un dispositif plus structuré. Avec 26,5 millions de personnes en insécurité alimentaire aiguë et plus de quatre millions d’enfants touchés par la malnutrition, l’élargissement des cantines scolaires apparaît comme un instrument de protection sociale, mais aussi comme un investissement dans le capital humain et la production agricole congolaise.
DecryptEco
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