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RDC : après son entrée en Égypte, BYD explore une implantation dans la mobilité électrique

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  • Le constructeur chinois BYD a engagé des discussions avec l’ANAPI sur l’introduction de bus électriques, le montage local de véhicules, la fabrication de batteries et le stockage d’énergie. Aucun montant d’investissement ni calendrier d’implantation n’a encore été annoncé.

  • Déjà présent sur plusieurs marchés africains, dont l’Afrique du Sud, le Maroc, l’Égypte, le Kenya et le Rwanda, BYD poursuit son expansion sur le continent. La RDC lui offre une particularité : elle fournit environ 73 % du cobalt minier mondial, mais dispose encore d’un accès limité à l’électricité.

Le chinois BYD étudie la possibilité d’étendre ses activités à la République démocratique du Congo, avec une ambition qui pourrait dépasser la simple commercialisation de véhicules. Une délégation du groupe a échangé, le 10 septembre 2026 à Kinshasa, avec l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI) sur plusieurs pistes allant des bus électriques à l’assemblage local de véhicules, en passant par les batteries et les solutions de stockage d’énergie.

La rencontre, tenue au siège de l’ANAPI, a été présidée par Évariste Katshienda, Directeur général adjoint de l’Agence, en présence de responsables et experts de l’institution. La délégation de BYD était conduite par Peter Szijjarto, Responsable exécutif des Relations extérieures et du développement de nouvelles lignes de métiers.

À ce stade, il s’agit toutefois d’une phase exploratoire. L’ANAPI indique que des échanges techniques doivent encore préciser le volume des investissements, le calendrier, les infrastructures nécessaires et les modalités d’implantation.

BYD doit également saisir officiellement l’Agence pour bénéficier d’un accompagnement auprès des différentes administrations.

La démarche congolaise intervient un peu plus de sept mois après l’entrée officielle de BYD en Égypte. Le 4 février 2026, le groupe a lancé ses activités sur le marché égyptien en partenariat avec Mansour Group, avec plusieurs véhicules électriques et hybrides.

BYD indiquait alors disposer d’une présence dans 30 pays et territoires au Moyen-Orient et en Afrique. L’Égypte n’est cependant qu’une étape de son déploiement africain. BYD commercialise déjà ses véhicules en Afrique du Sud, où son premier modèle, l’ATTO 3, a été lancé en 2023 et où sa gamme s’est depuis élargie.

Au Maroc, le constructeur s’est associé dès 2022 à Auto Nejma pour développer la distribution de véhicules à énergie nouvelle.

Le groupe référence également une présence au Kenya, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, en Zambie, au Zimbabwe et dans plusieurs autres marchés africains.

Cette expansion africaine s’inscrit dans une stratégie internationale beaucoup plus large. En 2025, BYD a vendu plus de 4,6 millions de véhicules à énergie nouvelle, dont plus d’un million hors de Chine.

L’intérêt pour la RDC est donc moins l’arrivée d’une nouvelle marque automobile que la nature de l’activité que le groupe pourrait choisir d’y développer.

Le pays dispose sur ce point d’un argument industriel important. La RDC a produit environ 230 000 tonnes de cobalt en 2025, soit près de 73 % de la production minière mondiale, d’après l’US Geological Survey. Mais une part importante de la valeur ajoutée liée au raffinage, aux matériaux de batteries et à leur fabrication est encore créée hors du territoire congolais.

Une implantation industrielle de BYD aurait ainsi une portée différente d’une simple importation de véhicules.

Le montage local créerait des besoins en maintenance, logistique, pièces, ingénierie et compétences techniques. Une activité de fabrication ou d’assemblage de batteries pousserait plus loin cette logique en rapprochant une partie de la chaîne industrielle des minerais extraits dans le pays.

Mais disposer du cobalt ne suffit pas à bâtir une industrie du véhicule électrique. La disponibilité d’une électricité fiable, les infrastructures de recharge, la logistique, le coût du financement et la taille du marché solvable entrent directement dans l’équation.

L’accès à l’électricité en RDC demeure autour de 22,5 % de la population, très loin des niveaux observés sur certains marchés africains déjà ciblés par BYD.

L’ANAPI propose au groupe les mécanismes du Code des investissements ainsi qu’un accompagnement dans ses démarches administratives.

Pour l’économie congolaise, la différence sera importante entre trois scénarios encore possibles : importer les véhicules de BYD, les assembler localement ou accueillir une activité liée aux batteries et au stockage d’énergie. Ces options ne mobilisent ni les mêmes capitaux, ni les mêmes compétences, ni le même niveau de valeur ajoutée locale.

DecryptEco | RDC & Afrique

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