Accueil Finance RDC : la BCC et la Banque nationale d’Angola ouvrent un chantier d’intégration financière
Finance

RDC : la BCC et la Banque nationale d’Angola ouvrent un chantier d’intégration financière

Partager
Partager
  • La Banque centrale du Congo et la Banque nationale d’Angola ont signé, le 8 juillet 2026 à Luanda, un mémorandum d’entente destiné à approfondir leur coopération dans les paiements transfrontaliers, la supervision bancaire et plusieurs domaines clés de la politique financière.

  • L’accord rapproche deux institutions monétaires de pays voisins autour d’un cadre permanent d’échange d’informations, avec une attention particulière portée aux risques bancaires transfrontaliers, à la réglementation prudentielle et à l’intégration financière bilatérale.

La République démocratique du Congo et l’Angola resserrent les liens entre leurs institutions monétaires. À Luanda, André Wameso Nkualoloki, gouverneur de la Banque centrale du Congo, et Manuel António Tiago Dias, gouverneur de la Banque nationale d’Angola, ont signé mercredi 8 juillet un mémorandum d’entente établissant un cadre élargi de coopération entre les deux banques centrales.

Le texte couvre un spectre particulièrement large. Les systèmes de paiement, les politiques monétaire et de change, la gestion des réserves internationales, la supervision bancaire et la réglementation prudentielle figurent parmi les principaux axes retenus. S’y ajoutent la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, la gestion des risques, l’inclusion financière et le renforcement des capacités institutionnelles.

La place accordée aux paiements transfrontaliers donne à l’accord une dimension directement liée aux relations économiques entre les deux pays. La RDC et l’Angola partagent une frontière de plus de 2 500 kilomètres et entretiennent des flux commerciaux et humains qui rendent la coordination financière de plus en plus pertinente. Une coopération accrue entre banques centrales peut notamment accompagner la circulation des paiements, améliorer les échanges d’informations et renforcer la compréhension commune des risques.

Le mémorandum prévoit également la mise en place d’un forum permanent d’échange d’informations. Ce mécanisme doit soutenir la coopération dans la supervision des institutions financières autorisées à exercer leurs activités sur le territoire de l’autre partie, dans un environnement où les opérations bancaires dépassent de plus en plus les frontières nationales.

La prévention et la gestion des crises bancaires occupent aussi une place importante dans le dispositif. Pour les deux banques centrales, le partage d’informations peut faciliter l’identification des vulnérabilités susceptibles de produire des effets au-delà d’un seul marché national, tout en renforçant la coordination entre autorités de supervision.

L’accord intervient dans un contexte africain marqué par la recherche d’une meilleure intégration des systèmes financiers et par la montée des besoins en infrastructures de paiement plus fluides. Pour Kinshasa et Luanda, la coopération institutionnelle offre ainsi un cadre pour rapprocher progressivement certaines pratiques, développer les capacités techniques et approfondir les échanges entre autorités monétaires.

La portée du mémorandum dépendra désormais des mécanismes qui seront déployés dans les différents domaines retenus. Mais sa signature élargit déjà le champ du dialogue financier entre deux économies voisines, toutes deux fortement exposées aux matières premières et confrontées à des impératifs de stabilité monétaire, de supervision bancaire et d’inclusion financière.

En rapprochant leurs banques centrales, la RDC et l’Angola inscrivent leur relation bilatérale dans une dimension moins visible que les infrastructures ou le commerce, mais tout aussi structurante : celle des règles, des paiements et de la confiance entre systèmes financiers.

DecryptEco

Partager

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *