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Le ministre d’État au Plan, Guylain Nyembo, a sollicité l’implication du patronat congolais dans le deuxième Recensement général de la population et de l’habitat, défendant une opération appelée à fournir aux entreprises une lecture plus précise des marchés, des bassins de consommation et des besoins d’investissement.
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Au-delà du comptage démographique, le RGPH-2 touche à une faiblesse structurelle de l’économie congolaise : l’insuffisance de données récentes pour arbitrer les investissements publics et privés dans un pays dont le dernier recensement général remonte à 1984.
En République démocratique du Congo, le déficit de statistiques fiables n’est plus seulement une faiblesse technique. Il devient un coût économique. C’est sur ce terrain que Guylain Nyembo a cherché, mercredi 8 juillet à Kinshasa, à rallier la Fédération des entreprises du Congo au deuxième Recensement général de la population et de l’habitat.
Face aux représentants de la FEC et aux parties prenantes du processus, le ministre d’État au Plan et à la Coordination de l’aide au développement a présenté le RGPH-2 comme « un investissement dans la connaissance ». La formule prend un relief particulier dans une économie où les entreprises doivent encore calibrer leurs stratégies sur une photographie démographique largement incertaine.
Le problème est profond. La RDC n’a plus réalisé de recensement général depuis 1984. Quarante-deux ans plus tard, le pays doit planifier ses routes, ses réseaux électriques, ses écoles, ses infrastructures sanitaires et l’expansion de ses marchés avec une connaissance imparfaite de la répartition réelle de sa population. L’UNFPA estimait celle-ci à 112,8 millions d’habitants en 2025, mais une estimation, aussi robuste soit-elle, ne remplace pas une cartographie exhaustive des ménages, des territoires et des dynamiques urbaines.
Pour le secteur privé, l’écart est loin d’être théorique. Une banque qui étend son réseau, un opérateur télécoms qui dimensionne ses infrastructures, un distributeur qui choisit ses implantations ou un industriel qui évalue un bassin de demande dépendent tous de la qualité de l’information disponible. Des données plus fines peuvent réduire l’incertitude, améliorer le ciblage des investissements et révéler des marchés aujourd’hui mal mesurés.
C’est précisément le pari de Guylain Nyembo : faire du recensement non plus une affaire réservée aux statisticiens, mais une infrastructure économique invisible. Le ministre a invité la FEC à mobiliser ses membres et à soutenir la sensibilisation autour de l’opération, estimant que son succès engagerait l’ensemble du pays.
Le chantier a désormais changé d’échelle. En mars, la Banque africaine de développement a annoncé une contribution de 80 millions de dollars. L’UNFPA a ensuite fait état de plus de 200 millions de dollars mobilisés à Kinshasa pour soutenir le RGPH-2, dont la cartographie censitaire constitue une étape décisive.
Cette mobilisation financière ne garantit toutefois pas, à elle seule, la valeur économique du recensement. La qualité de la collecte, la couverture des zones enclavées ou affectées par l’insécurité, la transparence méthodologique et surtout l’accès futur aux données détermineront l’utilité réelle du dispositif.
Pour la FEC, l’intérêt est donc immédiat. Si le RGPH-2 produit une information crédible, exploitable et suffisamment détaillée, la RDC pourrait enfin réduire une partie de l’angle mort qui pénalise sa planification économique. Dans un marché de plus de 100 millions d’habitants, mieux compter la population revient aussi à mieux comprendre où se trouvent la demande, les compétences, les infrastructures manquantes et le prochain investissement rentable.
DecryptEco
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