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RDC : vers la mise en place d’un plan national de préparation aux crises alimentaires et nutritionnelles

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  • La RDC veut anticiper les crises alimentaires avant qu’elles ne se transforment en urgences humanitaires majeures.

  • Malgré un potentiel estimé à 80 millions d’hectares de terres arables, plus de 26 millions de Congolais restent confrontés à l’insécurité alimentaire aiguë.

La République démocratique du Congo veut renforcer sa capacité à prévenir les crises alimentaires plutôt qu’à y répondre dans l’urgence. Le ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, a annoncé, le mardi 23 Juin 2026, le lancement de l’atelier de présentation et d’endossement du Plan de préparation aux crises de sécurité alimentaire et nutritionnelle.

« Notre ambition est celle de passer d’une logique de réaction à une logique d’anticipation, afin de mieux protéger nos populations face aux crises et renforcer la résilience de notre pays », a déclaré le ministre sur son compte X.

Cette initiative intervient alors que le pays dispose d’un potentiel agricole considérable.

Selon les données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la RDC compte près de 80 millions d’hectares de terres arables et environ 4 millions d’hectares de terres irrigables. Pourtant, moins de 10 % de ce potentiel serait actuellement exploité.

Ce paradoxe se reflète dans les indicateurs alimentaires et nutritionnels du pays.

D’après le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), principal outil international d’analyse de l’insécurité alimentaire, environ 26,6 millions de personnes devraient faire face à une insécurité alimentaire aiguë en RDC entre janvier et juin 2026. Cela représente près d’un Congolais sur cinq.

La situation nutritionnelle demeure également préoccupante.

Les analyses de l’IPC estiment que plus de 4,18 millions d’enfants âgés de moins de cinq ans souffrent ou risquent de souffrir de malnutrition aiguë durant la période 2025-2026, dont plus de 1,35 million de cas sévères.

Près de 1,54 million de femmes enceintes ou allaitantes sont également concernées.

À travers ce nouveau plan, le gouvernement entend renforcer les systèmes d’alerte précoce, améliorer l’identification des zones à risque et accélérer le déploiement des interventions avant que les chocs climatiques, économiques ou sécuritaires ne provoquent des crises de grande ampleur.

Pour les institutions internationales, la préparation en amont constitue aujourd’hui l’un des moyens les plus efficaces pour réduire l’impact des crises alimentaires et limiter les coûts humains et financiers des interventions d’urgence.

Pour plusieurs experts en développement agricole et en sécurité alimentaire, l’endossement de ce plan représente une avancée importante dans la gouvernance des risques alimentaires en RDC.

Toutefois, ils estiment que son efficacité dépendra de sa mise en œuvre effective, du financement des mécanismes d’alerte et de la capacité du pays à accroître durablement sa production agricole.

La RDC possède l’un des plus grands potentiels agricoles au monde. Le défi consiste désormais à transformer cet avantage naturel en sécurité alimentaire durable afin de réduire la dépendance aux importations et faire reculer durablement la malnutrition qui affecte encore des millions de ménages congolais.

DecryptEco

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