- Le ministère du Plan a réuni les experts des ministères sectoriels et des institutions publiques afin d’harmoniser les projets qui seront financés grâce aux 1,25 milliard USD levés sur les marchés internationaux.
- Le gouvernement veut orienter ces ressources vers des infrastructures stratégiques, les corridors régionaux, l’énergie, les PPP et les minerais critiques afin de transformer l’endettement en levier durable de croissance.
Le gouvernement congolais poursuit le travail de structuration des investissements devant être financés grâce aux 1,25 milliard de dollars d’euro-obligations récemment mobilisés sur les marchés internationaux.
Le jeudi 22 mai 2026 à Kinshasa, le ministre d’État chargé du Plan, Guylain Nyembo, a présidé une réunion technique consacrée à la revue des projets prioritaires retenus dans le cadre de ce financement international.
La rencontre a réuni les experts des ministères sectoriels ainsi que plusieurs institutions publiques afin d’harmoniser les priorités d’investissement et d’améliorer la préparation technique des projets considérés comme stratégiques pour l’économie congolaise.
Selon le ministère du Plan, cette démarche vise notamment à renforcer la qualité des investissements publics, améliorer la coordination avec les investisseurs et partenaires techniques et financiers, mais aussi construire un portefeuille cohérent de projets capables d’accélérer la transformation économique du pays.
Les discussions se sont inscrites dans le cadre du Plan National Stratégique de Développement (PNSD 2024-2028), avec un accent particulier sur les infrastructures, les corridors régionaux, les partenariats public-privé, les investissements énergétiques, logistiques ainsi que les minerais critiques.
Cette étape intervient quelques mois après la présentation officielle par le gouvernement des sept premiers projets devant être financés par les eurobonds.
Parmi eux figurent notamment un terminal aéroportuaire de 49.000 m² à Kinshasa, la réhabilitation de 750 kilomètres de la RN4 entre Kisangani et Beni, la construction de 300 kilomètres de routes urbaines dans la capitale, une ligne électrique de 330 kV entre la Zambie et la ceinture cuprifère congolaise, ainsi qu’une centrale hydroélectrique de 64 MW au Kasaï Central.
À travers ces investissements, l’exécutif cherche à transformer une dette contractée à près de 9 % en actifs capables de produire de la croissance, des recettes fiscales et de soutenir progressivement la capacité de remboursement du pays.
Pour plusieurs experts en finances publiques, cette phase de structuration devient désormais aussi importante que la levée des fonds elle-même. Les analystes rappellent qu’un projet rentable mais mal préparé ou exécuté avec retard peut rapidement perdre une partie de son impact économique.
Les spécialistes observent également que les projets énergétiques apparaissent comme les plus directement générateurs de revenus, particulièrement dans les zones minières où la demande reste forte et solvable. Les infrastructures routières et logistiques, elles, produisent surtout des effets indirects en réduisant les coûts de transport, en fluidifiant les échanges et en stimulant l’activité économique locale.
Avec un ratio d’endettement encore relativement modéré estimé autour de 18,5 % du PIB, la RDC conserve une certaine marge financière. Mais pour les économistes, la crédibilité future du pays sur les marchés dépendra désormais de sa capacité à transformer rapidement ces financements en projets visibles, productifs et exécutés dans des délais maîtrisés.
DecryptEco
Laisser un commentaire